Huatulco: le Mexique enchanté

23/11/09 à 16:56 - Mise à jour à 16:56

Source: Weekend

Loin de la folie bétonnée de Cancun et d'Acapulco, cap sur les sables doux et la jungle sauvage du Chiapas. Une belle invitation à découvrir des terres presque vierges, miraculeusement préservées en réserves écologiques.

Huatulco: le Mexique enchanté

Loin de la folie bétonnée de Cancun et d'Acapulco, cap sur les sables doux et la jungle sauvage du Chiapas. Une belle invitation à découvrir des terres presque vierges, miraculeusement préservées en réserves écologiques.

Divines ! Les eaux du Pacifique qui baignent Bahias de Huatulco, sur la côte ouest du Mexique, à près de 500 kilomètres au sud de l'agitation d'Acapulco, sont tout simplement divines, bleues à en mourir, cristallines à n'en plus pouvoir. Et pour cause : la récente station balnéaire de Bahias de Huatulco, née dans les années 80 sur une terre presque vierge, a été conçue dans le plus grand respect de l'environnement; loin, en tout cas, du bétonnage forcené de Cancun, dans le Yucatan, plus ancienne sur la scène balnéaire internationale, plus bruyante, plus énervée, plus "discothéquée"...


A Huatulco, les immeubles ne doivent pas dépasser six étages, et certaines plages intègrent les 119 km2 du parc national. Les plages ? Le problème est d'en choisir une. Car elles sont 36 au total, réparties sur plus d'une trentaine de kilomètres, allongées au fond de neuf magnifiques baies en chapelet. Frangées de végétation tropicale, parfois percées de cactus ayant poussé là comme pour justifier le cliché mexicain, elles sont majoritairement classées en réserve écologique. Certaines sont joliment reliées par des sentiers tortueux; d'autres, par des pistes cyclables ; d'autres encore, par des chemins poudreux où s'aventurent les 4 x 4. Mais les plus intéressantes, quasi désertes, ne sont accessibles que par la mer, au départ du port de Santa Cruz Huatulco. C'est la plus belle façon de s'y rendre.


Alors, choisissons un bateau; une lancha, autrement dit une petite barque tranquille, ou un gros catamaran festif et rigolard, capable d'embarquer jusqu'à 200 passagers. La mer, calée au fond de ses baies, y va d'une houle bien élevée, tout en rondeur; ce qui est loin d'être partout le cas sur la côte Pacifique du Mexique. On jette l'ancre à une centaine de mètres du rivage et on se glisse dans une conjugaison désordonnée de bleus et de verts pour une escapade avec masque et tuba, si possible accompagné par un professionnel, eu égard aux courants qui peuvent toujours surprendre le néophyte. On se laisse alors porter au-dessus de fabuleux fonds coralliens, de vallées, de pics, de monts et même, pour peu qu'on laisse aller son imagination, de véritables îles au trésor. Les poissons tropicaux ne s'y trompent pas, qui ondulent comme à dessein, avec pour préoccupation essentielle d'imprimer au sommet de leurs couleurs la pellicule des appareils photo sous-marins jetables. L'aventure prend fin directement sur la plage, celle de Cacaluta, par exemple, ou, mieux encore, celle de Chachacual, où des paillotes sans prétention servent, les pieds dans l'eau, des fruits de mer et des poissons grillés. Au coucher du soleil, retour au port de La Crucecita.


L'exubérance de Huatulco
On a tout dit de La Crucecita : qu'elle est moche, artificielle, touristique, trop loin de la grammaire mexicaine, voire attrape-nigaud... Pourtant, le centre de Huatulco, bien que n'ayant guère plus de vingt ans, n'est pas dénué de charme. Sans doute grâce au climat, sec, archisec ou torrentiel tropical, qui lui a donné en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire une patine plus vraie que nature. Oh ! bien sûr, on ne visitera pas ici un Mexique reproduit dans ses églises baroques, ses haciendas ou ses monuments coloniaux. Mais la profusion d'oriflammes, de lumignons verts, rouges ou jaunes accrochés aux balcons des restaurants... bref, toute cette exubérance, cette débauche de couleurs typiquement latino, inscrit le tout nouveau Huatulco dans l'imaginaire du vieux Mexique. Et puis il y a la tequila, prise nature ou en cocktail, qui fait danser le soir. Et aussi le mezcal, fameuse eau-de-vie tirée du coeur de l'agave, une spécialité de l'Etat d'Oaxaca. On en goûte toutes les versions, dans de minuscules verres, à la Casa del Buen Mezcal, boutique située au centre de La Crucecita. Les cocktails, multicolores, exotiques de tous les fruits de la création, alcoolisés ou non, on les retrouvera plus tard, sur la terrasse de la Quinta Real, l'une des boutiques-hôtels les plus réussies de la station, là où viennent parfois se cacher les stars américaines du showbiz. L'une des meilleures tables aussi, oeuvre du très francophile Rodolfo Flores, qui propose la gastronomie de l'Etat d'Oaxaca, qui compte parmi les plus réputées du Mexique.

A six heures de là se trouve la fabuleuse cité maya de Palenque. Il faut compter deux jours d'excursion et une nuit sur place pour découvrir le plus fameux site archéologique du Mexique, la cité de Palenque, merveille des merveilles construite entre 500 et 800 après Jésus-Christ; 15 km2 de fouilles dont 15 hectares dégagés et accessibles au public. Car pour être boisées, elles sont boisées, les montagnes du Chiapas. C'est même ce qui confère à Palenque, enfouie dans une jungle à profusion, une atmosphère quasi surréaliste. Et encore aux arbres géants ajoute-t- elle, cette jungle, des lambeaux de brume qu'elle accroche comme des voiles au flanc des collines, et aussi des vols de toucans, des jacassements de singes hurleurs et parfois même des feulements d'ocelots vivant en liberté. De là émergent des pyramides, des temples et des palais. On ne manquera pas de visiter le temple des Inscriptions, qui est aussi le monument funéraire de Pacal, le plus célèbre roi de Palenque. Attention, quand elle est complète, la visite est physique, car il faut tout de même les escalader, ces pyramides aux marches abruptes, et les parcourir, ces esplanades plombées de moiteur.

Puis c'est le retour à Huatulco et une dernière excursion qui conduira les amoureux des années Flower Power vers les plages de Zipolite et de Puerto Escondido. Rien n'a vraiment changé, surtout à Zipolite, où l'on se baigne toujours fort peu vêtu. De son côté, Puerto Escondido a ajouté à ses plages revival un air de IIIe millénaire en inscrivant à son patrimoine l'un des meilleurs spots de surf du monde.

Par Tangui Salles

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