Le légendaire Ritz de Madrid entame une profonde mutation (en images)

11/08/15 à 09:39 - Mise à jour à 09:46

Racheté fin mai par le groupe hôtelier de luxe hongkongais Mandarin Oriental et le groupe saoudien Olayan Group pour 130 millions d'euros, le mythique Ritz, cet immense palais Belle Epoque au coeur de Madrid est en pleine rénovation. Elle est évaluée à 90 millions d'euros. Petit tour du propriétaire dans son état actuel.

Un cocktail créé par Salvador Dali, un piano sur lequel a joué Frank Sinatra, un salon transformé en hôpital pendant la guerre civile espagnole... L'hôtel Ritz de Madrid, plus que centenaire, est riche de trésors oubliés qu'il a entrepris de dépoussiérer.

Racheté fin mai par le groupe hôtelier de luxe hongkongais Mandarin Oriental et le groupe saoudien Olayan Group pour 130 millions d'euros, cet immense palais Belle Epoque au coeur de Madrid évalue la rénovation à 90 millions d'euros.

Construit en 1910 par l'architecte français Charles Mewès et l'hôtelier suisse César Ritz, à la demande du roi Alphonse XIII, le Ritz "est un établissement très spécial, unique à Madrid par son histoire, ses caractéristiques et son emplacement" explique à l'AFP Inmaculada Ranera, directrice pour l'Espagne et le Portugal de Christie and Co, courtier immobilier spécialisé dans l'hôtellerie.

Mais "dans le secteur (hôtelier), on disait depuis de nombreuses années qu'il avait un besoin urgent d'être rénové", relève-t-elle.

La façade principale de l'établissement, noircie, écaillée et traversée de lézardes, contraste en effet avec les moulures immaculées des façades latérales récemment "restaurées à l'original", comme l'explique fièrement son directeur général Christian Tavalli, au milieu des arbres et fontaines du luxuriant jardin de l'hôtel, avec vue sur le musée du Prado.

Commencé en février, ce ravalement de la façade qui se poursuit cet été n'est que le premier d'une série de travaux qui seront lancés début 2017 et dureront un an et demi.

Le jardin sera entièrement creusé pour installer en sous-sol une salle de sport et piscine. Le toit sera surélevé pour aménager de nouvelles chambres sous les combles du sixième étage.

Les salles de bain à la robinetterie dorée démodée seront entièrement redécorées.

C'est dans ces détails "que l'on remarque l'âge de l'hôtel d'une façon négative", reconnaît Christian Tavalli. Les salles de bain "représentent le luxe de 1910 et ce que nous voulons incarner, c'est le luxe de 2015", souligne-t-il.

Le but: tordre le coup à "un cliché qui s'est forgé au fil des ans, selon lequel le Ritz est un hôtel où j'amènerais ma grand-mère, mais où n'irait pas une personne de 25, 35 ou 45 ans", explique le dirigeant de 41 ans, tandis que les clients dégustent des tapas sophistiquées servies dans des cuillères d'argent.

Nue sous un manteau de fourrure

Une fois passée la petite porte à tambour de l'entrée, le visiteur pénètre dans un hall chargé de lustres, colonnes de marbre rouge et draperies, au sol, un tapis de 350 m2 fait main à Grenade.

Ses élégants salons ont vu passer Fidel Castro, Eva Perón, Nelson Mandela, l'actrice Zsa Zsa Gabor ou le crooner Frank Sinatra.

L'actrice américaine "Ava Gardner a eu de nombreux flirts à travers le monde, dont certains dans cet hôtel. L'un d'eux a été avec Frank Sinatra, alors qu'elle était en tournage à Madrid", raconte Christian Tavelli.

"Sinatra est venu lui rendre visite et a pris une chambre au Ritz. Il l'a appelée chez elle, mais elle ne l'a pas cru quand il lui a dit qu'il était à Madrid. Il a alors demandé à la réception que l'on apporte le téléphone jusqu'au piano et il s'est mis à jouer pour elle. On raconte que dix minutes plus tard, Ava arrivait au Ritz, vêtue seulement d'un manteau de fourrure, sans rien en dessous".

Ce n'est que l'une des nombreuses anecdotes du palace centenaire.

Ainsi, le "Dalitini", un cocktail où Cointreau, vermouth et vodka se teintent d'extrait de cerise, un liquide épais et d'un rouge intense, serait né des gouttes de sang versées accidentellement dans son Martini par le jeune Salvador Dali, accoudé au bar de l'hôtel.

Autre souvenir, la transformation d'un de ses salons en salle d'opération pendant la guerre civile espagnole.

Les couverts et la vaisselle en or furent, selon l'hôtel, utilisés lors du mariage du roi Alphonse XIII avec la princesse Victoria Eugénie, en 1906. Le service est à la disposition des clients, moyennant la somme de 60 euros par personne.

"C'est un trésor historique (...) L'un de nos nombreux secrets bien gardés", affirme la responsable événementielle de l'hôtel, Gloria Garrido.

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