Le Musée des Beaux-Arts de Gand décroche les oeuvres d'art russes à l'authenticité controversée

30/01/18 à 15:39 - Mise à jour à 15:39

Source: Afp

Le musée des Beaux-Arts de Gand a cessé d'exposer les oeuvres d'art de l'avant-garde russe dont des historiens et négociants en art ont mis en doute l'authenticité, a annoncé mardi l'institution.

Le Musée des Beaux-Arts de Gand décroche les oeuvres d'art russes à l'authenticité controversée

© wikicommons

Ce retrait, intervenu lundi, jour de fermeture au public, est "provisoire", a précisé dans un communiqué le MSK (Museum voor Schone Kunsten).

Au total 24 oeuvres controversées, signées Malevitch, Kandinsky ou Vladimir Tatline, ont été retirées des salles exposant la collection permanente, afin d'être soumises à examen par des experts, a-t-on précisé de même source.

Dans une lettre ouverte relayée le 15 janvier par le quotidien flamand De Standaard et le journal Art Newspaper, un groupe d'historiens de l'art avait mis en cause l'origine "hautement douteuse" de 26 oeuvres de l'avant-garde russe exposées depuis octobre dans ce musée de Gand.

Sans les qualifier de "faux", ils ont souligné qu'elles n'étaient répertoriées dans aucun catalogue. Les experts jugent l'avant-garde russe, un mouvement artistique s'étendant de 1890 à 1930, particulièrement exposée à la contrefaçon.

La semaine dernière, face à la polémique atteignant sa réputation, le musée avait annoncé la nomination prochaine d'un comité d'experts chargé de vérifier l'authenticité de ces oeuvres.

Mais il avait alors été exclu de les retirer des salles d'exposition, tant que ne seraient pas apportées "des preuves irréfutables" confirmant les accusations. L'examen d'authenticité devait porter sur une petite partie du lot incriminé.

Désormais il s'agit, a expliqué le MSK, d'offrir aux experts "un accès illimité à toutes les oeuvres", qui seront mises à leur disposition "dans les réserves du musée". "La commission d'experts sera désignée au plus vite et pourra alors se mettre directement au travail", a-t-il été précisé.

Le collectionneur privé à l'origine du prêt des oeuvres controversées, le Belgo-Russe Igor Toporovski, a estimé de son côté être visé par "une attaque injuste et violente".

Selon lui, ces accusations ont été orchestrées par des marchands d'art soucieux de préserver leurs intérêts commerciaux avec les grosses fortunes russes qu'ils comptent parmi leurs clients.

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