Piornal, le village espagnol où l'on chasse le mal à coups de navets

19/01/17 à 19:01 - Mise à jour à 23/01/17 à 10:21

Source: Afp

Vingt tonnes de navets lancés sur des boucs émissaires pour exorciser le mal: c'est la recette du village espagnol de Piornal pour accueillir la nouvelle année. Une tradition suivie depuis la nuit des temps.

Piornal, le village espagnol où l'on chasse le mal à coups de navets

Piornal, le village d'Espagne où l'on expie le mal à coup de navet © AFP

Ce rituel se déroule au coeur de l'hiver, les 19 et 20 janvier. Les habitants de Piornal, bourg de 1.500 âmes de la vallée du Jerte, en Estrémadure (centre), utilisent ce légume de saison pour bombarder "Jarramplas".

Piornal, le village d'Espagne où l'on expie le mal à coup de navet

Piornal, le village d'Espagne où l'on expie le mal à coup de navet © AFP

Jarramplas est un curieux personnage qui défile dans les rues accoutré d'un costume en lanières de tissu multicolores, aux grandes cornes et à la queue en crin.

Selon certains villageois, Jarramplas aurait comme ancêtre un voleur de bétail puni par les habitants. Mais d'autres assurent que la tradition est liée à une coutume païenne remontant au temps des Romains.

Le but, au-delà de la punition du bouc-émissaire, est de "chasser les mauvais esprits de 2017, pour que l'année soit bonne, ainsi que la récolte de cerises" (dont vivent les deux-tiers des habitants), assure le maire Ernesto Agudíez.

"Si on peut recommencer, j'y vais", promet de son côté David Amado, un jeune âgé d'une vingtaine d'années qui vient d'incarner "Jarramplas".

D'abord, trouver des munitions

D'abord, trouver des munitions © AFP

Le Jarrampla, la "bête" à abattre

Le Jarrampla, la "bête" à abattre © AFP

Pendant vingt minutes, David a essuyé des lancers de navets, presque à bout portant provenant de centaines d'habitants. Il est bien protégé: casque en fibre de verre, grille protectrice devant les yeux, cuirasse, protège-genoux.... le costume et les protections pèsent 40 kilos, sans compter le tambour qu'il lui faut frapper. "Cela ne fait pas mal du tout", assure David, un des 23 "Jarramplas" participant jeudi à cette fête populaire."Ce qui fatigue surtout, c'est le poids", assure un autre "Jarramplas", Sergio Calle Alonso.

Vendredi, un lancer est prévu sur les deux "Jarramplas officiels", désignés chaque année par la mairie en respectant scrupuleusement une liste d'attente sur... 21 ans.

Sergio Díaz Prieto, courtier en assurances, était "titulaire" en 2004, après 11 ans d'attente, et assure qu'être "Jarramplas" c'est tout un art. "Il faut bien savoir frapper le tambour, avancer en se déhanchant, pas comme une statue. Un bon "Jarramplas" sait s'exposer pour que les gens tapent fort", assure-t-il.

être "Jarramplas" c'est tout un art

être "Jarramplas" c'est tout un art © AFP

Comme la récolte a été bonne cette année, 21,4 tonnes de navets sont réservées pour la fête. Assez pour une bonne décharge d'adrénaline et de quoi mener une cathartique "bataille du bien contre le mal", résume avec jubilation Lorena Pérez Vicente, une autre habitante.

Nos partenaires

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisateur. En continuant à surfer, vous acceptez notre politique de cookies. Plus d'infos