Skier même sans neige, à 2h de Bruxelles, dans une station unique en Europe, c'est possible

22/01/16 à 11:53 - Mise à jour à 11:54

Source: Afp

Faire du ski à 600 kilomètres des montagnes, c'est possible toute l'année sur la piste synthétique installée en plein air sur un terril de Noeux-les-Mines (Pas-de-Calais), une station unique en Europe.

A 129 mètres d'altitude, la plus basse station de France qui fête son vingtième anniversaire, accueille le public sur trois pistes, hiver comme été, sans qu'aucun flocon ne soit nécessaire à son bon fonctionnement. "C'est comme à la montagne sauf que quand je tombe, j'ai pas froid!", s'exclame Alexandre, 10 ans, qui, paré de sa combinaison rouge vif et d'un casque, vient de dévaler d'une traite la piste verte de 320 mètres de long.

Un tapis synthétique constamment humidifié par des brumisateurs en lieu et place de la poudreuse: les sensations de glisse et de vitesse sont au rendez-vous, bien que le ressenti diffère légèrement.

Skier même sans neige, à 2h de Bruxelles, dans une station unique en Europe, c'est possible

© Wikicommons

Fierté régionale

"On a l'impression d'être sur de la neige fraîche car on descend un peu moins vite et on a besoin d'accentuer davantage ses mouvements. Après avoir appris à skier sur ce revêtement, vous êtes au top pour la neige!", explique ainsi Christophe Delos, directeur du site. "Le sol est un peu plus dur, il faut faire attention", prévient néanmoins Virginie, après sa chute, surprise par une butte. C'est qu'à côté des pistes bleue et verte se dresse une rouge avec 21 bosses...

S'y ajoutent trois tremplins, une corniche et même un half-pipe pour les plus téméraires et les snowboarders. "La fédération anglaise y a même organisé ses championnats nationaux de ski freestyle deux années de suite", se targue M. Delos.

Cliché datant de 1996, quelques semaines avant l'ouverture de cette piste aménagée sur un ancien terril, première du genre.

Cliché datant de 1996, quelques semaines avant l'ouverture de cette piste aménagée sur un ancien terril, première du genre. © Belga Image

Ouvert en 1996, le lieu fait la fierté de toute la région et attire chaque année quelque 15.000 amateurs de glisse venus principalement des alentours, mais également de Belgique, des Pays-Bas, d'Angleterre ou encore de la région parisienne: deux heures de route seulement séparent la capitale de cette commune du bassin minier de 12.500 habitants.

"Paradoxalement, alors que la station est ouverte toute l'année, la fréquentation est plus importante en hiver car on pense plus au ski", sourit le responsable.

Prix modique

Le site de 10.000 m2, classé "station de montagne" et qui propose également des cours collectifs encadrés par des moniteurs fédéraux, bénéficie du même type d'équipements qu'à la Clusaz ou l'Alpe d'Huez avec notamment deux tire-fesses, à prix modique: l'heure de ski, matériel de location compris, oscille entre cinq et huit euros. "Cette piste a un rôle social. Notre objectif n'est bien entendu pas de concurrencer Val-d'Isère mais de permettre à des jeunes ou à des populations parfois en difficulté, d'avoir accès à un loisir souvent inabordable", explique Thierry Tassez, vice-président de la communauté d'agglomération de l'Artois et en charge de l'aménagement du territoire.

Bien que sa gestion par la communauté d'agglomération ne constitue pas "un gouffre financier", selon l'élu, le site "n'est pas rentable mais doit être considéré comme un véritable service rendu au public" et vu comme un "atout touristique".

De quoi contribuer en partie à tourner la page d'un glorieux passé minier, après la fermeture du dernier puits de la commune, en 1968, pour se lancer dans le "défi de la reconversion". "Dans le bassin minier, dévaler les pentes de schiste sur le couvercle d'une "bouilleuse" (l'ancêtre de la machine à laver, ndlr) était une pratique très répandue. L'idée a germé jusqu'à ce que le maire d'alors propose un concept révolutionnaire pour l'époque: faire du ski, chez les Ch'tis, toute l'année", s'enthousiasme M. Tassez, fin connaisseur de l'histoire locale.

Se réjouissant que la météo ne soit pas un facteur défavorable "pour une fois dans le nord", il ironise: "et s'il y a de la neige, on peut même faire du hors-piste!" ailleurs sur le terril...

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© capture d'écran France3

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