Vieux de presque 400 ans, l'hôtel turc des célébrités ferme, victime de la loi anti-alcool

27/01/14 à 15:29 - Mise à jour à 15:29

Source: Weekend

Quatre siècles après avoir reçu ses premiers clients, le caravansérail Okuz Mehmet Pasa, lieu de villégiature prisé des célébrités du monde entier de passage en Turquie, a fermé ses portes, victime d'une récente loi anti-alcool du gouvernement.

Vieux de presque 400 ans, l'hôtel turc des célébrités ferme, victime de la loi anti-alcool

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Aux dires de son responsable Ali Acundas, le caravansérail Okuz Mehmet Pasa, du nom d'un grand-vizir (Premier ministre du sultan) de l'empire ottoman, situé près de la station balnéaire égéenne de Kusadasi, ne peut simplement plus fonctionner.

"Nous avons déjà enregistré des pertes ces dernières années à cause de la situation économique en général", explique M. Acundas à l'AFP. "Mais la récente loi destinée à réduire les ventes d'alcool nous a porté un coup fatal".

Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) a fait voter en mai dernier un texte qui a limité de manière draconienne la consommation et la publicité de l'alcool, interdite par l'islam, arguant de la protection de la santé publique.

Les hôtels et les restaurants qui disposent d'une licence de vente ont échappé à ces restrictions, mais l'établissement de M. Acundas, construit en 1618, a été écarté de la liste des bénéficiaires à la faveur de la nouvelle loi, car classé monument historique.

Dans ces conditions, le gestionnaire n'a pu garder sa clientèle traditionnelle, essentiellement composée de touristes étrangers. "On ne peut pas demander à un client français de renoncer à un verre de vin et lui proposer à la place un jus d'orange", a-t-il regretté.

Dans la longue liste des clients célèbres de son hôtel de 26 chambres, M. Acundas se souvient de "l'ancien président américain Jimmy Carter", de "l'ex-Premier ministre grec Georges Papandréou" et de nombreuses personnalités de la jet-set.

La loi anti-alcool de 2013 fut l'une des principales mesures critiquées en juin dernier lors de la vague de manifestations contre le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir "islamiser" la Turquie.

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