Le Lieu, on peut dire que c'en est un. Vertigineux. Logée dans une ancienne ferme brabançonne scrupuleusement rénovée, l'adresse a opté pour un parti pris radical, celui d'installer le restaurant du projet - il est aussi question d'une galerie d'art et d'une salle de torréfacti...

Le Lieu, on peut dire que c'en est un. Vertigineux. Logée dans une ancienne ferme brabançonne scrupuleusement rénovée, l'adresse a opté pour un parti pris radical, celui d'installer le restaurant du projet - il est aussi question d'une galerie d'art et d'une salle de torréfaction - au coeur d'une pièce charpentée comme une cathédrale. Où est la radicalité promise ? Dans le refus de rentabiliser le moindre centimètre carré : dix-huit couverts, pas un de plus. Le genre de ratio qui défie la raison. Froid ? Un peu... mais seulement au premier abord. L'accueil d'une implication totale se charge de briser la glace.On aime le soin d'orfèvre apporté aux détails : assemblage champenois concocté pour la maison, beurre de la Ferme de la Goyette, pain délicieux, gestes en salle... La cuisine ? On redoutait un chef grandiloquent se sentant obligé de jouer de l'orgue. A la faveur d'un menu unique (70 euros), Thomas Henaut, 29 ans, donne dans la musique de chambre. Tapenade de girolles et émulsion de chèvre, sashimi de bar de ligne sauce ponzu, encornets fourrés aux légumes, pigeonneau cuit sur coffre flanqué d'un aligot truffé sur lequel est râpée de la ricotta salée... Le tout pour des notes subtiles qui laissent un souvenir ému. Et l'envie de réécouter cette mélodie dont la partition change tous les quinze jours.