De tradition à tendance

Alors que nous assistons à des progrès technologiques inouïs dans le monde du vin, de plus en plus de vignerons se tournent vers une méthode séculaire pour la fermentation ou la maturation: les amphores en terre cuite. Une alternative aux fûts de chêne traditionnels, mais qui était principalement plébiscitée, jusqu'ici, pour les vins orange. Il faut savoir que ces récipients étaient déjà utilisés bien avant notre ère, notamment dans la Grèce antique où ils servaient pour...

Alors que nous assistons à des progrès technologiques inouïs dans le monde du vin, de plus en plus de vignerons se tournent vers une méthode séculaire pour la fermentation ou la maturation: les amphores en terre cuite. Une alternative aux fûts de chêne traditionnels, mais qui était principalement plébiscitée, jusqu'ici, pour les vins orange. Il faut savoir que ces récipients étaient déjà utilisés bien avant notre ère, notamment dans la Grèce antique où ils servaient pour le transport et la conservation du précieux breuvage. Une bonne partie du vin était alors acheminée par voie maritime. Une aventure périlleuse: des milliers d'amphores gisent encore au fond des mers, égarées lors de naufrages. Vers le premier siècle après Jésus-Christ, ce sont les marchands de vin romains qui adoptèrent les tonneaux en bois... Les vignerons qui recourent aux amphores ont un objectif clair: revenir au goût pur du vin. En effet, les fûts en bois confèrent au liquide un arôme vanillé et des tanins amers. Ce n'est pas le cas dans la terre cuite, où le vin bénéficie malgré tout de l'échange d'oxygène - comme dans un tonneau --, ce qui le rend finalement d'autant plus souple, plus homogène et plus résistant. Les fabricants d'amphores ne courent pas les rues. Ce n'est qu'en Géorgie, l'un des berceaux de notre culture viticole, que l'on en trouve encore quelques-uns qui travaillent de façon artisanale. On y parle d'ailleurs de "qvevri", et non d'amphore. Ces dernières années, nous avons toutefois assisté à un regain d'intérêt en Europe. Deux Belges ont même fondé une entreprise d'amphores en Hongrie... à découvrir sur leur site Web: thehungarianamphoraproject.com Des vins aux arômes délicats de fruits blancs et rouges, élaborés à partir de vieux cépages locaux d'une région viticole ibérique méconnue. L'un des fondateurs belges de The Hungarian Amphora Project importe des flacons de là-bas, comme celui de ce domaine qui produit des vins fins peu alcoolisés. Couleur claire, seulement 12% d'alcool, notes subtiles de fruits rouges: ce vin du cépage hongrois kadarka produit par un jeune vigneron est doux et raffiné.Un vin de style bourguignon très élégant, composé à 100% de morenillo, un raisin local peu connu qui se situe entre le pinot noir et le grenache.