C'est une nouvelle vague qui s'installe peu à peu dans le plat pays : de belles fleurs de saison, quelques branchages, de la verdure sens dessus dessous pour former un bouquet décalé. Pas de ceux ronds et calibrés que proposent généralement les fleuristes, mais bien un assemblage à la fois négligé et travaillé, un brin vintage, qui s'inscrit parfaitement dans l'air du temps. Livrées à domicile, ces petites perles au look rétro sont le plus souvent cueillies avec soin, directement chez des producteurs du cru... Tout a été pensé pour respecter pleinement l'environnement.
...

C'est une nouvelle vague qui s'installe peu à peu dans le plat pays : de belles fleurs de saison, quelques branchages, de la verdure sens dessus dessous pour former un bouquet décalé. Pas de ceux ronds et calibrés que proposent généralement les fleuristes, mais bien un assemblage à la fois négligé et travaillé, un brin vintage, qui s'inscrit parfaitement dans l'air du temps. Livrées à domicile, ces petites perles au look rétro sont le plus souvent cueillies avec soin, directement chez des producteurs du cru... Tout a été pensé pour respecter pleinement l'environnement. " Cela apporte une petite dose de bonheur qui fait du bien, sans doute comme certains mangent du chocolat ou vont faire du shopping ", confie Amandine Maziers. Cette journaliste bruxelloise s'est lancée récemment sur ce marché " florissant " et a fondé sa propre boîte, Haut les coeurs. Le projet est né durant la triste période qui a suivi les attentats de Paris et Bruxelles et c'est de là que vient son nom. " J'avais envie de trouver quelque chose d'humain qui apporte de la joie aux gens, raconte l'entrepreneuse. C'était ma manière de dire : " Bah oui, c'est un peu une époque pourrie, mais ce n'est pas pour ça qu'on ne doit pas continuer de vivre. " Je suis persuadée que le beau et l'éducation sauveront le monde. " Repenser au jardin des grands-parents, où les fleurs étaient dérobées innocemment par les enfants avec la volonté de gâter un proche : c'est ça l'idée sous-jacente, celle de redécouvrir ce contact naïf avec la nature, qui est gommé chez les marchands standardisés. Mais au-delà de l'aspect poétique, la démarche se veut également écologique. Quand ce ne sont pas les maraîchers, généralement locaux et bio, qui cueillent les tiges, c'est Amandine, elle-même, qui se charge de la collecte, histoire de se familiariser avec les plantes, et d'établir un contact direct avec la terre. " Il n'est pas question de faire " juste " un joli bouquet, il faut aussi qu'il soit intelligent ", explique-t-elle. D'ailleurs, la jeune femme tient à mentionner - sur l'étiquette qui accompagne ses créations - d'où viennent les produits. Et ces derniers sont livrés aux clients à vélo, green attitude oblige. " Je suis persuadée que dans cinq ou six ans, il y aura plein de fournisseurs qui utiliseront aussi des fleurs écoresponsables, et que cela sera beaucoup plus entré dans les moeurs ", prévoit la fondatrice de l'enseigne... D'autres initiatives du genre ont d'ailleurs déjà vu le jour. Comme Bloomon, un label qui propose en ligne des ensembles floraux différents au gré des mois et livrables à domicile, depuis 2014 en Flandre et désormais dans toute la Belgique. Ici également, les fleurs sont fraîches puisqu'elles proviennent de l'horticulteur, sans détour par les grossistes ou la criée. Les gerbes sont attachées à la main et débarquent chez le client en maximum 36 heures chrono.Toutes les sept semaines, le thème change pour coller au mieux au mood du moment. " Cela veut dire qu'en hiver, les couleurs sont vraiment hivernales et en été, extrêmement estivales... Nous recherchons au quotidien des compositions innovantes. Et nous sommes occupés à semer des variétés uniques pour Bloomon ", se réjouit Anton van Duijn, le styliste principal de l'entreprise. Jusqu'au 21 mars prochain, la plate-forme décline sa collection Flow, inspirée de l'ikigai japonais, soit " la recherche de sa raison d'être "... Tout un programme pour une initiative bien rodée, qui fonctionne chez nous mais aussi aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et au Danemark. Nouvellement arrivée dans le secteur, Elodie Mouton poursuit aussi cette volonté d'apporter quelque chose d'atypique à ses clients... Et, particularité, c'est elle qui livre ses compositions décomplexées. " C'est important pour moi de rencontrer mes interlocuteurs, de voir leur réaction, d'être vraiment présente de A à Z dans le processus ", insiste-t-elle. Dans ce domaine où la créativité est sans limite, l'ex-sociologue se permet, elle, de mélanger les saisons, en travaillant de temps en temps avec des variétés exotiques. " J'utilise très peu d'espèces classiques, comme les roses et tout ce qui a un peu cette image vieillotte ", souligne-t-elle. Et l'activité ne s'arrête pas lorsque le thermomètre chute. Hellébores, anémones, renoncules, sapin et branchages prennent alors le relais pour un résultat des plus rustiques. Avec toujours une touche originale et personnelle... " Les gens viennent me voir parce qu'ils apprécient mon style ", conclut-elle. " Les clients me disent souvent que mes fleurs, on ne les voit pas ailleurs et qu'il y a, dans mon travail, un truc sensible qui les touche ", reprend Amandine Maziers. Offrir un bouquet charmant, unique... et imparfait : voilà donc un message romantique, pour la Saint-Valentin ! Par Era Balaj