Il rentre de Papouasie occidentale où il a mené tambour battant une étude de terrain propre à nourrir son imaginaire pourtant déjà hypertrophié. Car Jean-Paul Lespagnard a ceci de singulier qu'il va toujours à la source avant de digérer puis traduire en vêtements, foulards, accessoires, costumes de scène ou oeuvres plastiques ce qu'il a vu, appris, senti, touché, collectionné et qui peuple à jamais son monde intérieur. Dans son penthouse bruxellois avec vue sur ciel brodé de toits, il interrompt parfois la longue liste de ses inspirations-hybridations pour touiller dans un boeuf rendang qui mijote doucement, il a rapporté les épices et la recette de là-bas. Comme le reste d'ailleurs - dans ses bagages, des visions, des masques, des plantes qu'il bouture, des colifichets, des objets usuels, des impressions délicates qu'il ordonne à sa façon, féconde et puissante.
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