Martine et Fredrik Thornell se sont pris de passion pour les lofts en débarquant à Bruxelles. Ils acquièrent d'abord l'ancienne brasserie Whitebread, située dans le quartier de Tour & Taxis, un bâtiment industriel qu'ils aménagent en deux logements. Férus d'architecture, ils se lancent aussi dans la rénovation d'un autre immeuble transformé, lui, en trois ensembles d'habitation... avant d'assurer la rédaction de Lofts of Brussels (éditions Tectum), un ouvrage aujourd'hui en rupture de stock. " En les visitant au cours des repérages, nous nous sommes rendu compte que tous ces lofts étaient marqués par l'imagination de leurs propriétaires et de leurs architectes. La notion n'est pas figée : avec le temps, l'agencement intérieur évolue et l'espace unique se clois...

Martine et Fredrik Thornell se sont pris de passion pour les lofts en débarquant à Bruxelles. Ils acquièrent d'abord l'ancienne brasserie Whitebread, située dans le quartier de Tour & Taxis, un bâtiment industriel qu'ils aménagent en deux logements. Férus d'architecture, ils se lancent aussi dans la rénovation d'un autre immeuble transformé, lui, en trois ensembles d'habitation... avant d'assurer la rédaction de Lofts of Brussels (éditions Tectum), un ouvrage aujourd'hui en rupture de stock. " En les visitant au cours des repérages, nous nous sommes rendu compte que tous ces lofts étaient marqués par l'imagination de leurs propriétaires et de leurs architectes. La notion n'est pas figée : avec le temps, l'agencement intérieur évolue et l'espace unique se cloisonne. Chacun a besoin d'intimité. Voilà pourquoi les murs et les chambres apparaissent, sans pour autant renier les grands volumes aux plafonds élevés, qui sont la caractéristique principale de ces espaces industriels reconvertis. " Lorsque les bâtiments de l'ancienne école vétérinaire de Cureghem sont à vendre, le couple fait une offre au promoteur de ce mastodonte urbain, pour jeter son dévolu sur la forge : la plus petite unité du site, de la taille d'une confortable habitation unifamiliale. Erigée en 1903, elle est construite en briques avec sous-bassement en pierre bleue. La façade principale est idéalement orientée vers le soleil, qui est filtré par de majestueux marronniers. Elle est aussi rythmée par quatre grandes portes cochères vitrées avec imposte semi-circulaire. Leur état étant excellent, les propriétaires ont pu les conserver, en les complétant par du double vitrage. Ces hautes portes, et la lumière qu'elles apportent, ont été à la base de la réflexion sur le plan d'aménagement, établi par les architectes Wissam Salim et Laurent Janssen. Lorsqu'on se trouve à l'intérieur, on s'aperçoit en effet que deux blocs sont suspendus au-dessus du rez-de-chaussée. A l'ouest, un plus petit englobe la chambre des parents et sa salle de bains en suite, le tout étant localisé au-dessus de la cuisine et reposant sur des poutrelles horizontales. De l'autre côté, le volume compte quatre pièces, dont trois chambres. Il s'appuie sur des piliers et sur un mur porteur existant. Très logiquement, la circulation entre les deux " cubes " de l'étage a été réalisée au nord, là où le mur est aveugle. Elle est matérialisée par une passerelle qui repose sur deux poutres de 14 mètres de longueur et 40 cm d'épaisseur. Pour la rendre plus légère, cette liaison a été en partie rendue transparente, en ménageant une longue vitre dans sa cloison. Cette finesse est d'autant plus indispensable qu'il s'agit de côtoyer la très belle armature en fer forgé de la charpente. Au sol - à l'étage comme au rez-de-chaussée -, le chêne clair vitrifié est omniprésent. Il s'accorde avec les murs blancs. " Nous avons décidé de ne pas garder la brique apparente, mais de conserver sa trace sous la forme d'un "passage" qui relie les quatre portes cochères. Ce sont les briques originelles que nous avons poncées et vitrifiées. " L'art d'organiser l'espace constitue un des points forts de cette rénovation. Il s'exprime tout autant dans la cuisine et dans son mur de rangement, dont les portes ouvrent tantôt sur une armoire, tantôt sur le frigo ou encore sur un office placé à l'abri des regards. Quant à la décoration, elle répond à un style informel mélangeant les lignes contemporaines et des mobiliers chinés. Au-dessus du long dressing, une peinture de Leocadia Jurado. Qui dit forge dit cheminée. Compte tenu de l'histoire de cet endroit, le bâtiment en comptait sept, soit une tous les trois mètres. Martine et Fredrik Thornell ont donc eu l'embarras du choix pour installer leur feu ouvert, en ayant l'assurance de disposer d'un tirage parfait... ?PAR JEAN-PIERRE GABRIEL