On sait qu'entrer à La Cambre mode(s), c'est comme entrer dans les ordres, ou presque. On vous y promet du sang, du labeur, des larmes et de la sueur car la mode est un monde où " notre condition humaine est challengée tous les jours ". C'est pourtant cette voie-là que Kevin Prat-Irien, Gabriel Figueiredo, Ester Manas et Olivier Maire ont...

On sait qu'entrer à La Cambre mode(s), c'est comme entrer dans les ordres, ou presque. On vous y promet du sang, du labeur, des larmes et de la sueur car la mode est un monde où " notre condition humaine est challengée tous les jours ". C'est pourtant cette voie-là que Kevin Prat-Irien, Gabriel Figueiredo, Ester Manas et Olivier Maire ont choisi d'emprunter. Ils sont si jeunes mais n'ignorent pas qu'on attend d'eux qu'ils sachent qui ils sont, alors forcément, parfois cela fait mal, cela dérape et/ou cela sent le génie. En 73 minutes d'un huis clos qui s'achève en apothéose sur un Bouquet final, ce documentaire sous-titré " Portrait de 4 étudiants à La Cambre mode(s) " interroge le processus créatif de ces adultes en devenir, promotion 2017. Longtemps Erwan Augoyard et Sophie Kovess-Brun ont laissé tourner leur caméra entre les murs de l'école bruxelloise, filmant au plus près ceux qui en tissent la trame, laissant le temps s'étirer - comme c'est précieux dans ce siècle qui voudrait nous faire croire qu'il préfère " binger ". Il ne leur était pas possible de documenter autrement l'urgence vitale qui anime ces jeunes gens, question d'éthique et de respect. Ce qui fait que cet objet émouvant et sans artifices a finalement peu à voir avec un film de mode, mais tout avec un film d'amour où éclosent sous nos yeux des personnalités, qui apprennent à verbaliser leur pensée avec ce charme ravageur propre à l'insolente jeunesse, encore étudiante, possiblement créatrice, juste avant le grand plongeon dans la vraie vie.