" Que restera-t-il de la Yougoslavie après la guerre qui la déchire ? Sans doute de la musique et du cinéma ", nous disait Goran Bregovic dans les années 90, alors que son pays se disloquait dans une violence f...

" Que restera-t-il de la Yougoslavie après la guerre qui la déchire ? Sans doute de la musique et du cinéma ", nous disait Goran Bregovic dans les années 90, alors que son pays se disloquait dans une violence fratricide. Pareille sentence peut être appliquée à Janka Nabay, musicien qui enregistre son premier album en pleine guerre civile du Sierra Leone : onze ans d'atrocités y tueront plusieurs dizaines de milliers de personnes. En exil aux Etats-Unis depuis 2003, l'artiste a émigré en emportant un trésor précieux : la bubu music. Genre pratiqué par le peuple temné, répandu en Afrique de l'Ouest, il a popifié au fil des ans son contenu initial, religieux et musulman. En partie sous l'influence de Nabay, utilisant des instruments électriques, en compagnie de musiciens venus du Brooklyn indie rock. La résultante possède la frénésie joviale de King Sunny Adé mais aussi les incidences urbaines des grandes villes américaines : groove garanti.