Elzéard Bouffier était berger dans les landes nues et monotones de Haute-Provence, à 1300 mètres d'altitude, là où le ciel soufflait de façon insupportable et où ne poussaient que des lavandes sauvages. Chaque jour, il plantait des glands, sur sa route solitaire. Il rêvait d'une forêt. La Première Guerre mondiale passa com...

Elzéard Bouffier était berger dans les landes nues et monotones de Haute-Provence, à 1300 mètres d'altitude, là où le ciel soufflait de façon insupportable et où ne poussaient que des lavandes sauvages. Chaque jour, il plantait des glands, sur sa route solitaire. Il rêvait d'une forêt. La Première Guerre mondiale passa comme un nuage, le paysan inlassablement continua sa tâche. Bientôt le désert aride se mit à verdoyer. Les soldats reprirent le chemin du champ de bataille. On était en 1940. Mais obstiné, le bougre vieillisant poursuivait, lui, son chemin à l'ombre des jeunes chênes, imperturbable. Peu à peu les ruisseaux bruissèrent à nouveau, d'autres plantes vinrent coloniser les pentes raides, la faune réapparut, les fleurs s'épanouirent, des villageois réinvestirent sur ces terres autrefois invivables... L'espoir était revenu.Ce récit, L'homme qui plantait des arbres, Jean Giono l'écrivit en 1953 et même si le vieux faiseur de miracle n'exista probablement pas, ce manifeste d'écologie avant l'heure est une invitation à "la contemplation muette du paysage". En cette période où la flore printanière reprend ses droits, nous pouvons nous imprégner de cette fable, joliment mise en images dans les années 80 (et toujours visible sur le Web). Et nous laisser aller à respirer cette "brise souple chargée d'odeurs" que nous offrent nos jardins, terrasses, parcs, bois ou rues en pleine floraison. Une manière de nous rappeler que, malgré tout, la terre grouille de plein de jolies choses et que sur chaque morne plaine renaîtra un jour une vie luxuriante. Il suffit d'y croire, et de filer au grand air.