" Dans la vie tout est bagarre, c'est la lutte pour la survie. " L'écriture est-elle pour vous une lutte ou une survie ?

Un moyen de survie qui s'ouvre à des mondes possibles. La littérature fait plus qu'améliorer l'existence, elle permet de vivre plusieurs vies. La réalité ne me convenant pas, je crée - depuis que je suis petite - d'autres univers, dans lesquels évoluent des pères ou des fratries imaginaires.
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Un moyen de survie qui s'ouvre à des mondes possibles. La littérature fait plus qu'améliorer l'existence, elle permet de vivre plusieurs vies. La réalité ne me convenant pas, je crée - depuis que je suis petite - d'autres univers, dans lesquels évoluent des pères ou des fratries imaginaires. Sage et toujours assise dans un coin en train de rêver. J'espérais avoir une famille nombreuse et une belle maison. Pour qu'elle soit positive et réaliste, l'imagination se doit d'avoir des limites. Elle se nourrit par la lecture et par l'envie de constamment questionner les gens. Je suis très curieuse (rires). D'une part, parce que c'est ma terre, belle et fascinante. D'autre part, parce que j'ai grandi à Milan jusqu'à 9 ans, tout en étant bercée par son mythe. Aujourd'hui, je vis dans l'immeuble de ma grand-mère. Il a été bombardé, pendant la guerre, avant de renaître. Je peux regretter quelqu'un que j'aime, mais pas des situations passées. Agnes dans David Copperfield, parce qu'elle est patiente, sensible, généreuse et récompensée à la fin. Maladroite car je le suis autant que mon héroïne, la comtesse de Ricotta. J'ai à la fois " les mains et le c£ur Ricotta " (rires) ! Mes personnages ont toujours des difficultés, dont ils font un atout. Maddalena est en manque d'enfant, Noemi rêve à la gloire passée de leur palais, qu'elle espère réacquérir, quant à la comtesse, elle a besoin d'amour et d'affection. Sans amour le reste n'a pas de sens. Je l'espère, tout en ne croyant pas qu'il puisse durer. N'empêche que l'inattendu peut se produire... C'est si beau de faire sentir à l'autre qu'il est le préféré absolu. Or, on ne le connaît jamais. Le mystère de l'être humain est dur à percer. Ce roman tend justement à dire qu'il existe, même pour ceux qui ont l'air d'être totalement incapables de s'adonner à l'amour. Tel est mon message d'espoir. Voler sans s'écraser. Après avoir décollé, il faut pouvoir atterrir. La Comtesse de Ricotta, par Milena Agus, Liana Levi, 121 pages. KERENN ELKAÏMLE MYSTÈRE DE L'ÊTRE HUMAIN EST DUR À PERCER.