" Un truc que j'aime moins, c'est ton côté donneuse de leçons ", m'explique, sûr de son bon droit de me faire la leçon, un type dans la cinquantaine qui n'est même pas un ami dans la vraie vie (et qui ne l'est plus sur Facebook depuis).
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" Un truc que j'aime moins, c'est ton côté donneuse de leçons ", m'explique, sûr de son bon droit de me faire la leçon, un type dans la cinquantaine qui n'est même pas un ami dans la vraie vie (et qui ne l'est plus sur Facebook depuis). C'est absolument fascinant à quel point les hommes (plus âgés) se sont toujours fait un plaisir d'indiquer aux femmes (plus jeunes) comment elles devaient vivre leur vie. Parfois, ce monde ressemble à un immense synode sur la famille et si ce n'était pas si insupportable au quotidien, ça en serait rigolo. Imaginez un alien qui débarque. Vous êtes son guide touristique sur cette planète. Essayez de lui énoncer pourquoi les humains blancs (disons entre 40 et 70 ans) s'autorisent à commenter tous les aspects de la vie des humaines de moins de 40 ans. Sans leur accorder, évidemment, la réciprocité. Ce qui ne manque pas de culot, non ? Puisque vous aidez votre interlocuteur à comprendre cette société, trouvez-leur, à ces messieurs qui aiment nous conseiller de ne pas donner des leçons, une raison valable, un semblant de légitimité, ici et en 2017, pour nous dire comment agir, comment nous habiller et dans quelle mesure nous avons le droit d'avoir un avis, que faire de nos ovaires et de nos indignations. Je donnerais cher pour voir la tête de votre hôte vert à antennes à qui vous allez raconter ça. Parce qu'à part la force de l'habitude et le manque de motivation pour se lancer dans un combat qui peut faire mal, il n'y a aucune raison pour que nous acceptions " ça ". Donc le fait que, sur notre chemin, y aura toujours un homme entre 40 et 70 ans pour vouloir nous remettre à notre place. Enfin, quand je dis " notre place ", je veux dire " une place dont il a décidé, sans nous consulter, qu'elle était la nôtre ". C'est pause écriture, cet été. Ça me laissera le temps de méditer - et je vous invite à faire de même - sur ces questions, tout droit sorties de mon grand coffre à leçons : Qui a le droit de déterminer où se trouve notre place ? Et qui a la légitimité pour nous y remettre de force ? Vous avez deux mois. par Florence Hainaut