Modularité, récupération nostalgique, nouveaux motifs floraux, jeux de transparence et pureté du blanc sont les cinq grandes tendances affichées à la 44e édition du Salon international du meuble de Milan. Du 13 au 18 avril dernier, elle accueillait, sur près de 200 000 m2, un total de 2 660 exposants internationaux parmi lesquels les plus prestigieux éditeurs et les plus grands designers. Au programme également, plusieurs manifestations annexes : " Euroluce " (le salon du luminaire), " Salone internazionale del complemento d'arredo " (le salon de l'accessoire) et " Salone Satelite " (qui rassemblait plus de 500 jeunes et 22 écoles du design), sans oublier la Triennale du design (qui regroupait les plus intéressants prototypes). Mais le Salon de Milan, c'est aussi des activités dans tous les coins et recoins de la ville : expositions, avant-premières, conférences, concours, workshops... Pendant une semaine, la ville tout entière a vibré au tempo du design.
...

Modularité, récupération nostalgique, nouveaux motifs floraux, jeux de transparence et pureté du blanc sont les cinq grandes tendances affichées à la 44e édition du Salon international du meuble de Milan. Du 13 au 18 avril dernier, elle accueillait, sur près de 200 000 m2, un total de 2 660 exposants internationaux parmi lesquels les plus prestigieux éditeurs et les plus grands designers. Au programme également, plusieurs manifestations annexes : " Euroluce " (le salon du luminaire), " Salone internazionale del complemento d'arredo " (le salon de l'accessoire) et " Salone Satelite " (qui rassemblait plus de 500 jeunes et 22 écoles du design), sans oublier la Triennale du design (qui regroupait les plus intéressants prototypes). Mais le Salon de Milan, c'est aussi des activités dans tous les coins et recoins de la ville : expositions, avant-premières, conférences, concours, workshops... Pendant une semaine, la ville tout entière a vibré au tempo du design. Depuis plusieurs années, le Salon de Milan s'est imposé comme LE rendez-vous incontournable tant pour les professionnels que pour les fans du design. C'est ici que l'on découvre désormais, en exclusivité, toutes les nouveautés, toutes les tendances et un brassage intarissable de nouvelles idées. Après la débauche de créations déjantées du début du millénaire, le secteur de l'ameublement semblait marquer le pas en 2003 avec une stagnation des ventes marquée par un ralentissement des innovations et de la création. En 2004, toutefois, l'optimisme était plutôt de mise. Cette année, comme pour redonner un second souffle au design, les organisateurs ont clairement privilégié la nouveauté : nouveaux espaces, nouvelles collaborations, nouveaux designers avec comme point d'orgue un Congrès international, " Designing design ", qui avait pour but de stimuler le débat sur l'avenir du design. Rayon formes, toutefois, pas de grande révélation. A défaut de créer de nouveaux modèles, on décline ceux des années précédentes dans des versions améliorées. On redéfinit le confort, on ajoute de nouveaux coloris, de nouveaux motifs tendance. Un esprit de sérénité et de pureté, avec une prédominance du blanc et l'utilisation de matériaux transparents comme le verre ou le polycarbonate, traverse aussi toutes les collections. Le " Do it yourself ", le meuble en kit, enregistre, lui, aussi son petit succès. On construit petit à petit son meuble avec des éléments qui peuvent toutefois être utilisés indépendamment les uns des autres. En avant-première, Weekend a épinglé pour vous les créations des plus marquantes du millésime 2005. Vous avez dit personnalisation ? Mais à quel prix ? Afin de maîtriser les coûts, les éditeurs ont trouvé la parade : tel des Legos, les meubles s'achètent par éléments standards à monter et démonter à souhait pour changer de formes selon l'envie du moment. Pour Meritalia, Gaetano Pesce a imaginé des cubes et des rectangles de toutes les couleurs pour composer un lit, un divan ou un fauteuil. Ce système, baptisé " La Michetta ", permet aussi de choisir sa hauteur de dossier ou sa longueur d'assise suivant la disposition des éléments. Les étagères " Cloud ", dessinées par les frères Bouroullec pour Cappellini, se déclinent désormais dans toutes les couleurs et peuvent être empilées les unes sur les autres, en fonction des besoins. Même système chez Kristalia qui va encore plus loin dans la modularité puisque les éléments d'étagères " CU " de Monica Graffeo peuvent aussi être utilisés comme tables basses ou tabourets. En hommage au célèbre luminaire en papier " Akari " d'Isamo Noguchi, Frank O. Gehri a conçu pour Belux une lampe, baptisée elle aussi " Cloud ", sur laquelle on dispose û afin de créer son modèle perso û autant de pièces en papier que l'on veut, grâce à de simples boutons-pression. Chez Yamagiwa, le " System X " mis au point par l'Irlandais Ross Lovegrove est révolutionnaire : en effet, c'est l'un des premiers véritables systèmes de luminaire à modules. Chaque néon en forme de X, vendu à la pièce, peut être accroché aux autres par différents types de connections. Enfin, on trouve chez Tonelli une série de petits miroirs assemblables parmi lesquels les " Briks " de Karim Rashid. Ces différents éléments bordés de rose, de jaune, d'orange ou d'azur jouent aussi la carte de la fantaisie. Le design effectue également de plus en plus d'incursions dans les décennies précédentes, mais en y incluant toutefois un esprit résolument contemporain. Des formes tout en rondeur et colorées façon années 1970 caractérisent la chaise " MT1 " que Ron Arad a conçue pour Driade Store ou le fauteuil " Planet " de Sven Ivar Dysthe édité chez Stokke. Dans un esprit plus sage, les courbes du modèle " Auckland " de Jean-Marie Massaud pour Cassina nous rappellent au bon souvenir du début des années 1980. On recule encore plus loin dans le temps, pour arriver au xixe siècle, avec la collection " BaRock n'Roll " de William Sawaya dont la table " Pink Dime " pourrait presque faire figure d'antiquité si ce n'est que son dessus rouge vif transparent indique qu'il s'agit bien d'une pièce contemporaine. Dans la même veine, on remarque la réédition de meubles. Chez Vitra, par exemple, aux côtés des designers contemporains, on expose à nouveau les monuments du design que sont Jean Prouvé et Charles & Ray Eames avec leurs créations qui n'ont pas pris une ride. Comme la célèbre bibliothèque " Esu " dessinée par le tandem américain, en 1949. Un vent de fraîcheur souffle dans les textiles avec des fleurs qui squattent tous les tissus... et le meuble n'y échappe pas non plus. La chaise " Mademoiselle " de Philippe Starck pour Kartell s'est couverte d'un tissu printanier signé Missoni Home. Chez Moroso, le sofa " Print " de Marcel Wanders arbore aussi un revêtement aux motifs floraux de couleurs vives. Tandis que l'ensemble de canapés " Mah Jong " de Hans Hopfer pour Roche Bobois mélange allègrement les textiles les plus hype : motifs floraux, rayures colorées et unis pastel. Bien que présentes, les fleurs sont beaucoup plus discrètes chez Sawaya & Moroni avec des motifs en incrustation ton sur ton sur la chaise " Peau d'âme " de Christian Ghion. Chez Capo d'Opera, en revanche, on affiche clairement la tendance : sur la commode " Simple Garden ", les fleurs sont imprimées et laquées à même le bois. Les motifs fantaisie se marient parfaitement avec la sobriété du noir pour un effet des plus remarquables. Enfin, chez De Padova, c'est avec le nouveau tissu de la collection 2005 aux motifs de fleur jaune sur fond blanc que l'on habille de préférence le mobilier, comme la chaise de bureau " Work " de Vico Magistretti. En verre ou en matériau de synthèse, coloré ou non, le meuble joue la transparence. Il se fond ainsi intégralement dans l'espace qui nous entoure. Christopher Coombes et Cristiana Giopato ont conçu la table basse octogonale " Jonker " pour la nouvelle gamme entièrement en cristal de Fiam Italia. Kartell, qui fut à l'époque le premier à utiliser le polycarbonate, a fait de la transparence une image de marque. Parmi la nouvelle collection, il y a, notamment, la desserte pliable " Flip " créée, avec le polycarbonate toujours, par Antonio Citterio, en collaboration avec Toan Nguyen. Peter Emrys-Roberts a employé, lui, le PMMA, un polymère thermoplastique pour le " Phantom ", un canapé dont la structure est en acier chromé, signé chez Driade Store. La grande nouveauté chez Maxdesign, c'est la chaise " X3 " de Marco Maran dont l'exploit est d'avoir intégré la structure métallique dans le verre même. Karim Rashid a également imaginé pour Tonelli l'étagère " Lotus ", totalement en verre et posée sur des pieds en aluminium. Chez Offecct, les tables basses " Cell " d'Eero Koivisto ont fait sensation : leur structure de plastique transparent en forme de cellules (un matériau qui, à la base, sert à fabriquer des planches de surf) leur confèrent un style et une texture uniques. Plus que jamais, le blanc est à la mode. Il se décline sur tous les types de mobilier. La non-couleur s'utilise aussi en total look. Blanc comme neige, dit-on. Nando l'a appliqué à la lettre pour Swedese avec sa table " Snow ", dont la structure évoque, par sa forme, des flocons de neige. Chez Molteni, on ne résiste pas non plus à la tentation : la gamme de rangements " Pass " de Luca Meda resplendit surtout par sa couleur blanche brillante et très pure. C'est une invitation à se relaxer que nous envoie le designer Vanzanten pour Molinari avec le canapé blanc " Giove " au dessin élégant et aux angles subtilement arrondis. Volupté et confort sont également offerts par cet autre canapé au revêtement immaculé. Baptisé affectueusement " Koala ", il est dessiné légèrement en angle par le trio Claesson-Koivisto-Rune chez Gebrüder Thonet Vienna. Les chaises blanche " Oe " de Vesa Hinkola pour Valvomo reprennent, elles, la forme cuve conventionnelle avec deux ouvertures originales sur les cotés. Chez B&B Italia, enfin, Naoto Fukusawa a retravaillé la symétrie en imaginant la bibliothèque " Shelf X ". Par sa blancheur et son design épuré, elle rappelle la fragilité du papier. Cuong Nguyen