Quand on voit la complicité qui unit Simon et ses deux soeurs, on ne peut qu'être profondément touché. Toute la famille met une énergie sans précédent pour offrir à l'aîné de la tribu, porteur de trisomie 21, la plus belle, et la plus normale, des existences. Mais Jean-Philippe Cattoor et Rossana Tricoli, ses parents, n'oeuvrent pas que pour le bonheur de leur fils. Depuis quelques années, avec Stéphanie Prevost, maman, elle, d'une ado infirme moteur cérébral, ils ont lancé No Limit 4 Us, une association brabançonne qui met sur pied des activités pour leurs jeunes. Aujourd'hui, grâce à la pugnacité de ce trio bénévole, vingt-cinq de ces futu...

Quand on voit la complicité qui unit Simon et ses deux soeurs, on ne peut qu'être profondément touché. Toute la famille met une énergie sans précédent pour offrir à l'aîné de la tribu, porteur de trisomie 21, la plus belle, et la plus normale, des existences. Mais Jean-Philippe Cattoor et Rossana Tricoli, ses parents, n'oeuvrent pas que pour le bonheur de leur fils. Depuis quelques années, avec Stéphanie Prevost, maman, elle, d'une ado infirme moteur cérébral, ils ont lancé No Limit 4 Us, une association brabançonne qui met sur pied des activités pour leurs jeunes. Aujourd'hui, grâce à la pugnacité de ce trio bénévole, vingt-cinq de ces futurs adultes vont en vacances, assistent à des spectacles, jouent et se marrent entre potes... La vraie vie quoi. Mais ça, c'était avant la pandémie. Car cette année, alors que Simon fêtait ses 18 ans, la Covid-19 est venue troubler la belle idée. "Tout est compliqué, nous a confié Rossana. Habituellement, on a de nombreux événements et ventes pour récolter des fonds, rien qu'avec l'annulation de notre marché de Noël, nous perdons 3 500 euros. Notre seule rentrée pour 2020 sera celle accordée par l'opération Cap 48 de la RTBF, ça représente à peine un cinquième de notre budget." L'ASBL a aussi dû ruser pour trouver des occupations pour ses membres. Le voyage à Carcassonne prévu s'est transformé en séjour à Ostende - avec perte d'acompte à la clé - et la balade contée d'Halloween est devenue une visioconférence grâce à l'inventivité des volontaires et animateurs. "On peut se dire que c'est une simple soirée de perdue, mais pour ces enfants qui n'ont que l'école et les thérapies, et qui en confinement se sont retrouvés à la maison, parfois avec des parents en télétravail et n'ayant pas le temps et l'énergie pour s'occuper des kids, c'est crucial de pouvoir continuer à offrir des fenêtres sur le monde extérieur. Ces mômes ont besoin de cela pour grandir, gagner en confiance et évoluer." C'est pour donner un coup de pouce à cette organisation, et à de nombreuses autres, que nous avons décidé de placer ce Black Fêtes sous le signe de la solidarité et du partage. Et de mettre sous les projecteurs, dans ces pages, une série d'initiatives. Une liste non exhaustive évidemment, mais inspirante, pour inviter tout un chacun à penser aux autres, en cette période de cadeaux. Selon une enquête de la Fondation Roi Baudouin, 49% des associations ont observé, ces douze derniers mois, une dégradation de leur situation financière. Si les subsides publics n'ont pas été perdus, un tiers a vu reculer les dons et le nombre d'aidants. Ces oeuvres caritatives en tout genre ont donc urgemment besoin de nous, de nos euros certes, mais aussi de notre temps ou de notre savoir-faire. Chacun peut s'y mettre, à son échelle, pour franchir ensemble cette vague qui nous submerge tous. "Plutôt que de s'interroger sur les fêtes à sauver ou sur le sens de la fête, et si nous retournions la formule pour parler de la fête du sens? Qu'est-ce qui est important?", questionne la philosophe Pascale Seys dans ce magazine. Voici peut-être ici un élément de réponse. Serrons-nous les coudes. Plus que jamais.