La contemporanéité, en matière de décoration d'intérieur, est une notion toute relative. L'appartement d'Axelle Delhaye en est une belle illustration. Son flat des années 50, aménagé de façon design, avec des trouvailles décalées, est aussi exemplatif de l'architecture d'aujourd'hui que le serait une maison neuve. Mieux encore, l'atmosphère et les objets anciens y dégagent davantage de personnalité. Nichée au sommet d'un immeuble à appartements, au sud de Bruxelles, l'habitation bénéficie d'une terrasse sur le toit, toisant la cime des arbres. A l'intérieur, les matériaux d'origine - bois et pierre naturelle - ont été en grande partie conservés.
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La contemporanéité, en matière de décoration d'intérieur, est une notion toute relative. L'appartement d'Axelle Delhaye en est une belle illustration. Son flat des années 50, aménagé de façon design, avec des trouvailles décalées, est aussi exemplatif de l'architecture d'aujourd'hui que le serait une maison neuve. Mieux encore, l'atmosphère et les objets anciens y dégagent davantage de personnalité. Nichée au sommet d'un immeuble à appartements, au sud de Bruxelles, l'habitation bénéficie d'une terrasse sur le toit, toisant la cime des arbres. A l'intérieur, les matériaux d'origine - bois et pierre naturelle - ont été en grande partie conservés. " J'aime l'ambiance qui s'inspire de l'architecture et du design des années 50 et 60, confie Axelle Delhaye. A l'époque, les pièces modernistes n'étaient pas aussi strictes. Elles étaient, au contraire, pleine de fantaisie. Regardez mes tables de salon italiennes avec leur forme onduléeà J'aime aussi parfois ce qui est kitsch. Je collectionne des pièces de design vintage depuis des années, bien avant que d'autres ne s'y mettent. Je m'en suis d'ailleurs un peu lassée, depuis que tout le monde se les arrache. Les gens veulent exactement ce qui se trouve dans les magazines. Mais il y a tellement plus. Mes trouvailles ne sont pas toujours de grande valeur financière, mais elles ont l'avantage d'être originales. "Axelle Delhaye tient une boutique de bijoux place Brugmann, à Ixelles, un quartier aux charmants restaurants et nombreux magasins vintage. Dans un décor inspiré par Jean Cocteau, elle propose une collection d'accessoires féminins très personnels, avec notamment des pièces signées Shaunleane, Alexis Bittar et Wouters & Hendrix. La jeune femme ne s'est toutefois pas toujours occupée d'accessoires : " J'ai étudié l'histoire de l'art et j'ai ensuite suivi les cours de La Cambre. J'ai toujours été attirée par l'art. Au début, je concevais des bijoux moi-même. Aujourd'hui, j'envisage de faire quelque chose d'autre tout aussi créatif, mais il est encore trop tôt pour en parler. "Dans sa boutique, Axelle vend également des objets vintage. Elle suit les tendances de près et affirme que nous arrivons à un tournant : " Je pense que la mode du design a connu son point culminant. Maintenant, tout le monde recherche du vintage. Avant, quand personne ne s'y intéressait, on pouvait en acheter pour une bouchée de pain. Aujourd'hui, les modèles anciens sont réédités. Le design devient trop ordinaire et étriqué : même la pizzeria ou le salon de coiffure du coin en abusent. Les hôtels design ne me plaisent pas davantage car ils se ressemblent tous. L'art, lui aussi, tombe dans ce même travers : tout le monde fait la même chose. Cela m'agace. Pour moi, le style doit être quelque chose de souple. Tout comme les vêtements. On peut, en une journée, porter aussi bien un jeans qu'une robe, en fonction du moment. C'est la même chose pour la décoration d'intérieur. Un appartement à la mer peut paraître moderne, une maison à Bruxelles peut avoir l'air plus classique. "Axelle Delhaye admet volontiers avoir des goûts hétéroclites : " J'aime par exemple l'architecture du xviiie siècle. Je rêve d'ailleurs d'une maison ancienne où je m'entourerais d'objets du passé. Je suis également à la recherche d'un cabinet d'objets d'art anversois datant du xviie siècle. La combinaison de l'ancien et du moderne est pour moi LA tendance à venir. "Carnet d'adresses en page 120.Par Piet Swimberghe / Photos : Jan Verlinde