Toutes les traditions ne sont pas bonnes à préserver. En Inde, depuis le XIIIe siècle, des oursons à peine âgés de quelques semaines sont enlevés à leur mère par des braconniers. A l'aide d'une aiguille de métal chauffé à blanc, leur nouveau maître leur perfore le museau, y passe une corde sans attendre que la plaie soit cicatrisée. Un outil de torture qui servira à faire " danser " cet ours maltraité, sous-alimenté, terrifié. Officiellement, ces pratiques barbares sont interdites ...

Toutes les traditions ne sont pas bonnes à préserver. En Inde, depuis le XIIIe siècle, des oursons à peine âgés de quelques semaines sont enlevés à leur mère par des braconniers. A l'aide d'une aiguille de métal chauffé à blanc, leur nouveau maître leur perfore le museau, y passe une corde sans attendre que la plaie soit cicatrisée. Un outil de torture qui servira à faire " danser " cet ours maltraité, sous-alimenté, terrifié. Officiellement, ces pratiques barbares sont interdites en Inde depuis 1972. Et ce d'autant plus que l'ours lippu - balourd et débonnaire, ce mangeur de miel et de termites a inspiré Kipling pour le personnage de Baloo - est en voie de disparition. Mais confisquer les ours dansants qui nomadisent encore, sur les routes du sous-continent, ne résoudrait pas le problème pour autant. Car les gitans Qalandars qui les exploitent, ne sachant faire que cela, n'auraient d'autre recours que de se procurer un nouvel ourson pour faire vivre misérablement leurs propres familles dans des conditions de plus en plus précaires. En 1995, Kartick Satyanaryan et Geeta Seshamani, les cofondateurs de l'association indienne Wildlife SOS se sont lancés dans un vaste programme de sauvetage des " dancing bears ". Ils ont ouvert quatre refuges accueillant ces animaux blessés - pour éviter les morsures, les canines des ours ont aussi été arrachées - incapables de retourner à la vie sauvage. A ce jour, plus de 600 ours ont pu être sauvésà et la plupart ont été cédés par les Qalandars sur base volontaire. " Il est possible de parrainer l'un de nos ours pour quelques euros par mois, mais il faut compter environ 1 500 euros pour sortir un ours de la rue, explique Kartick Satyanaryan. La moitié de la somme permet à l'ancien propriétaire d'apprendre un nouveau boulot, d'investir dans un rickshaw (NDLR : un petit taxi à trois roues) d'occasion. Il se sédentarise, sa femme aussi peut apprendre un métier. Nous nous engageons à envoyer ses enfants à l'école, à payer pour les uniformes. " Certes, 1 500 euros, c'est beaucoup d'argentà mais pas tant que cela quand on y pense. Une dizaine d'euros chacun si l'on s'y met à 150. A l'heure où les " amis " se dénombrent par centaines sur Facebook, c'est peut-être un bon moyen de faire le tri de ceux qui comptent. Vraiment. Et de pouvoir se dire au lendemain du réveillon : " ensemble on a sauvé un Baloo pour Noël ". Et changé à jamais la vie de toute une famille. www.wildlifesos.com