C'est une jeune fille d'aujourd'hui qui aime les chansons tristes. Elle ne s'y méprend pas, les histoires d'amour finissent mal en général. Alors affichant comme nom de scène son seul prénom, elle compose des stances qu'elle fredonne au piano ou qu'elle autotune, seule dans sa chambre, quelque part à Bruxelles. Puis elle les partage urbi e...

C'est une jeune fille d'aujourd'hui qui aime les chansons tristes. Elle ne s'y méprend pas, les histoires d'amour finissent mal en général. Alors affichant comme nom de scène son seul prénom, elle compose des stances qu'elle fredonne au piano ou qu'elle autotune, seule dans sa chambre, quelque part à Bruxelles. Puis elle les partage urbi et orbi, c'est cadeau. Iliona a débuté sa vie de chanteuse-autrice-compositrice durant le premier confinement. Depuis, en "artiste émergente", elle peaufine son deuxième EP et, en ces pages, avec sa juvénile élégance, elle interprète une mode belge créative. Car notre pays a du talent, cela fait du bien de l'écrire, ce n'est pas nouveau et cela s'enracine dans le temps. La nouvelle exposition du Musée Mode & Dentelle ne dit pas autre chose. Avec Brussels Touch, il entend montrer le versant bruxellois d'une mode noir, jaune, rouge apparue sur la scène internationale au mitan des années 80. Sous la curation de Lydia Kamitsis, il réunit pour la première fois une grosse trentaine de créateurs et de créatrices qui ont un lien avéré avec la capitale - "Certains y sont nés, d'autres y ont fait leurs études, d'autres encore ont choisi de s'y installer." Mus par leur singularité, ils se sont inscrits de ce territoire de tous les possibles, dans cette ville mosaïque, certains n'hésitent pas à dire chaotique, allégée de tout fashion fardeau historique. Et forcément ce terreau-là nourrit une inventivité insolite, une hybridité joyeuse, une juxtaposition bienvenue. A l'image du travail remarquable de Lili Schreiber. Sa très ludique collection de fin d'études pour La Cambre mode(s) invite à l'allégresse - il serait indécent de ne pas savourer tant de ferveur.