Le constat est sans appel, c'est l'époque qui veut ça : rien ni personne n'échappe au storytelling. Si les histoires sont aussi vieilles que l'humanité, ce concept, lui, a vu le jour dans les années 90, aux Etats-Unis, puis en Europe (1). Cette nouvelle sorte de " persuasion clandestine ", dont les racines sont intimement liées au capitalisme, s'applique tant au management qu'à la politique ou à l'économie. Heureusement, cette " machine à raconter " ne sert pas qu'à la manipulation des esprits, elle a également partie liée avec le désir, l'imaginaire. La preuve, c'est que même la gastronomie l'appelle à cor et à cri. Sans univers et récits greffés autour d'elles, faire à manger et restaurer seraient des activités d'une grande banalité qui n'auraient que la satiété en ligne de mire. Pour en faire surgir le sens, il importe de les draper dans le bel habit des mots et des images pour qu'elles suscitent le rêve. Bonne nouvelle, cet art de la mise en scène n'existe pas que chez les " spin doctors " de New York, Londres ou Paris. La petite Belgique, elle aussi, fait valoir une expertise en la matière. On la doit à La Bouche, cellule créative qui déve...