Il avait commencé par peindre, comme son père, et puis il se mit à toucher à tout, la gravure, la photographie, le mobilier, les luminaires, la scénographie, le textile et les vêtements. Mais pas n'importe comment, Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1949) n'eut de cesse de chercher, d'i...

Il avait commencé par peindre, comme son père, et puis il se mit à toucher à tout, la gravure, la photographie, le mobilier, les luminaires, la scénographie, le textile et les vêtements. Mais pas n'importe comment, Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1949) n'eut de cesse de chercher, d'inventer, de breveter, d'impressionner. Pourtant, à la fin de sa vie, lui que l'on surnommait le magicien de Venise, épitaphera : " Je me suis toujours intéressé à beaucoup de choses mais la peinture fut mon vrai métier. " Il n'avait pas tort, c'est en artisan de la couleur, de la lumière et de ses jeux qu'il marquera de son empreinte humaniste les objets, les garde-robes, les esprits et l'époque. Le Palais Galliera, à Paris, clôt sa " Saison espagnole " avec ce Fortuny, un Espagnol à Venise, qui donne à voir son amour incommensurable du textile, lequel lui fut offert en cadeau génétique, ses parents collectionnaient amoureusement les étoffes. En 1909, sa robe Delphos entre dans l'histoire, l'homme aussi, lui qui oeuvra ainsi à la libération des corps, prôna le confort comme luxe ultime, revisita l'Antiquité, le Moyen Age et la Renaissance, dans un grand élan élégant fait de fin taffetas de soie plissé inimitable, qui conserve toujours sa part de mystère. Respect. Fortuny, un Espagnol à Venise, Palais Galliera, 10, avenue Pierre 1er de Serbie, à 75116 Paris. www.palaisgalliera.paris.fr Jusqu'au 7 janvier 2018. A.-F.M.