Plus sage... du moins en apparence. L'homme de l'hiver prochain qui a défilé sous nos yeux à Milan et Paris a remisé au grenier les excentricités des dernières saisons. Pas vraiment une révolution stylistique, mais quand même l'amorce d'une nouvelle élégance marquée par le retour en force des classiques, costumes et manteaux en tête. Au détriment de l'audace ? Heureusement, non. Elle est toujours là, mais moins tapageuse, moins provoc, donc plus vendable aussi... On la retrouve désormais dans les détails et dans les associations malicieuses de matières, de formes et de couleurs. Comme avec ces velours éclaboussés de rouge, d'aubergine et surtout de bleu, le nouveau noir à en croire Donatella Versace. Sobriété, rigueur, austérité mais aussi fantaisie. Autour des deux pièces centrales de la garde-robe masculine version 06-07 gravite une chorale de silhouettes vénéneuses que ne bouderait pas un dandy excentrique, urbain et raffiné le jour, rebelle et mystérieux la nuit. Une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde tiré à quatre épingles, même quand il adopte une allure plus décontractée. Des redingotes millimétrées esprit Belle Epoque de Dior Homme aux bombers façon " Taxi Driver " de Watanab...

Plus sage... du moins en apparence. L'homme de l'hiver prochain qui a défilé sous nos yeux à Milan et Paris a remisé au grenier les excentricités des dernières saisons. Pas vraiment une révolution stylistique, mais quand même l'amorce d'une nouvelle élégance marquée par le retour en force des classiques, costumes et manteaux en tête. Au détriment de l'audace ? Heureusement, non. Elle est toujours là, mais moins tapageuse, moins provoc, donc plus vendable aussi... On la retrouve désormais dans les détails et dans les associations malicieuses de matières, de formes et de couleurs. Comme avec ces velours éclaboussés de rouge, d'aubergine et surtout de bleu, le nouveau noir à en croire Donatella Versace. Sobriété, rigueur, austérité mais aussi fantaisie. Autour des deux pièces centrales de la garde-robe masculine version 06-07 gravite une chorale de silhouettes vénéneuses que ne bouderait pas un dandy excentrique, urbain et raffiné le jour, rebelle et mystérieux la nuit. Une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde tiré à quatre épingles, même quand il adopte une allure plus décontractée. Des redingotes millimétrées esprit Belle Epoque de Dior Homme aux bombers façon " Taxi Driver " de Watanabe en passant par les doudounes scintillantes double couche de Raf Simons, il y en a pour tous les goûts. Les styles se chevauchent, se marient, s'électrisent. Ici flotte un parfum british (motifs à carreaux chez Rykiel, vestes militaires victoriennes chez Dolce & Gabbana), là swingue une esthétique rock policée (pantalons cigarette et cols lavallières chez Dior Homme, costumes de laine froissée chez Yamamoto), là enfin plane la folie poétique d'un Tim Burton (manteaux en feutre et panoplie gore chez John Galliano, froufrous gothiques et costards XXL chez Alexander McQueen). Tantôt néoromantique, tantôt gavroche, tantôt gothique, tantôt dandy, tantôt " bad boy ". L'homme est pluriel et son vestiaire lui ressemble. Ci-contre, la preuve par dix... C'est sûr, l'hiver prochain, les hommes auront maille à partir avec leurs pulls. Cols roulés (Dirk Bikkembergs) ou cols en V (Antonio Marras) ? Mais surtout : mailles lâches (Gucci, photo) ou très lâches (Dolce & Gabbana) ? Ou encore : uni (Raf Simons) ou balafré de motifs géométriques (Missoni) ? Heureusement, il reste quelques mois pour détricoter tout ça... Rigide ou souple, en cuir ou en tissu, la sacoche s'immisce dans la panoplie masculine. Plus grand qu'un sac à main, plus petit qu'un sac de voyage, le fourre-tout renferme aussi bien les affaires de sport que l'iPod, l'ordinateur portable et une crème de jour. A Milan comme à Paris, ils étaient de tous les défilés. On les porte à bout de bras ou sur l'épaule (Burberry Prorsum, photo). Incontestablement, " l'accessoire " à ne pas oublier à la consigne.Rykiel Homme (photo), Gucci, Antonio Marras, Emporio Armani ou encore Yves Saint Laurent déclinent les carreaux à toutes les sauces. Toute la garde-robe y passe. Pantalons, vestes, vestons, pulls et même cravates jouent aux damiers. Il ne manque plus que les pions ou les Highlands en arrière-fond. Une touche british, ou plutôt scottish, très aristo. God save the... king. Les chemises sont à la fête. Elles se poussent du col façon Mao (Giorgio Armani) ou lorgnent avec insistance du côté du Japon (chemise kimono pour Alexander McQueen et Roberto Cavalli). Mais, surtout, elles en voient de toutes les couleurs. Les motifs floraux (Versace) côtoient les figures géométriques (Trussardi) et les imprimés léopard (Prada et Dries Van Noten, photo). Les créateurs sortent leurs griffes. Et nous de rugir de plaisir.Lisse, soyeux, parfois orné de dessins ou de motifs géométriques, le velours règne en maître sur les collections masculines automne-hiver 06-07. Il se taille un costard façon Versace ou se marie avec un pantalon ligné façon Giorgio Armani ou Dolce & Gabbana (photo). Idéal pour aborder l'hiver tout en douceur. Les femmes vont en pâlir de jalousie. En paix avec sa masculinité, l'homme n'hésite plus à s'afficher en fourrure. De Paul Smith à Louis Vuitton (photo) en passant par Ann Demeulemeester ou Hermès, les manteaux en alpaga, chinchilla, astrakan ou vison seront de sortie l'hiver prochain. En version intégrale ou, comme chez Yves Saint Laurent ou Dolce & Gabbana, en version col fourré. Bref, plus question de se les peler... Nerveux comme chez Raf Simons, cintré comme chez Prada (photo), ample comme chez Jil Sander, le costume s'invite au menu de l'hiver. Assorti ou dépareillé (notamment avec des jeans sous la coupe de DSquared2), rebelle ou asticoté, il s'autorise toutes les libertés. Sauf pour les pantalons, presque toujours fuselés comme un nez de Concorde. Le smoking fend l'air... du temps.Elégant dessous comme dessus. Chaque détail compte. Un temps délaissé, le manteau reprend du poil de la bête pour peaufiner la silhouette du dandy romantique. Mince et affûté comme un piquet chez Versace et Gucci, au garde à vous soviétique chez Moschino, il se montre sous un jour plus pacifique et moins martial chez Raf Simons (photo). Au top, le manteau n'éclipse pas pour autant le caban ni la doudoune - l'invitée surprise de la saison -, omniprésents eux aussi sur les podiums milanais et parisiens. Court ou long, il faudra choisir. Les allures de minet c'est bien, mais peut-être pas pour tous les jours. Quand sa virilité prend la tangente, le mâle enfile son blouson de cuir. Et redevient un homme, un vrai. Patiné (Dolce & Gabbana) ou à franges (Roberto Cavalli), coupe aviateur années 1930 (Gianfranco Ferré) ou calibre motard de compétition (Giorgio Armani, photo), le cuir fait preuve de souplesse. L'übersexuel sera à l'aise dans sa seconde peau... Froufrous, jabots, cravates, foulards et n£uds papillon. Les poitrines et les encolures attirent les regards. Habillé de velours ou simple ruban, le n£ud pap distille son élégance suave. Mais ce sont surtout les foulards (Costume National, Versace) et les jabots (de Burberry à Alexander McQueen, photo) qui font tourner les têtes. Le philosophe BHL jubile déjà. Laurent Raphaël