Dans le Grand Sud tunisien flotte toujours un parfum de mystère, de rêve et d'aventure. Dans ces paysages grandioses et limpides, éclairés par un ciel d'une pureté extraordinaire, l'esprit vagabonde. On pense à ces caravaniers chargés d'or et d'épices remontant de Tombouctou qui ont fait étape dans la fraîcheur de ses oasis, on imagine la vie de ces pasteurs semi-nomades qui continuent, encore aujourd'hui, à traverser l'immensité du désert de long en large. Les Berbères s'y sont installés bien avant Jésus-Christ. Après l'arrivée des Arabes, ils s'y sont retranchés dans des villages suspendus entre ciel et terre, accrochés à des pitons rocheux, pour mieux se défendre. Chenini ou Douiret font toujours admirer leurs demeures troglodytiques, perchées sur les hauteurs et creusées à l'horizontale dans la roche. Au sommet, des mosquées d'un blanc immaculé se détachent sur la masse de pierre ocre et rose. Ce sont de véritables merveilles de l'architecture arabo-berbère. Quelques familles, qui parlent toujours la langue berbère, y vivent encore et cultivent un mode de vie ancestral, rythmé par la pluie et la sécheresse. Malgré les conditions rudes et austères, elles débordent de gentillesse. Leurs sourires rayonnants et leurs regards pétillants de joie témoignent d'un bonheur simple et authentique.
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Dans le Grand Sud tunisien flotte toujours un parfum de mystère, de rêve et d'aventure. Dans ces paysages grandioses et limpides, éclairés par un ciel d'une pureté extraordinaire, l'esprit vagabonde. On pense à ces caravaniers chargés d'or et d'épices remontant de Tombouctou qui ont fait étape dans la fraîcheur de ses oasis, on imagine la vie de ces pasteurs semi-nomades qui continuent, encore aujourd'hui, à traverser l'immensité du désert de long en large. Les Berbères s'y sont installés bien avant Jésus-Christ. Après l'arrivée des Arabes, ils s'y sont retranchés dans des villages suspendus entre ciel et terre, accrochés à des pitons rocheux, pour mieux se défendre. Chenini ou Douiret font toujours admirer leurs demeures troglodytiques, perchées sur les hauteurs et creusées à l'horizontale dans la roche. Au sommet, des mosquées d'un blanc immaculé se détachent sur la masse de pierre ocre et rose. Ce sont de véritables merveilles de l'architecture arabo-berbère. Quelques familles, qui parlent toujours la langue berbère, y vivent encore et cultivent un mode de vie ancestral, rythmé par la pluie et la sécheresse. Malgré les conditions rudes et austères, elles débordent de gentillesse. Leurs sourires rayonnants et leurs regards pétillants de joie témoignent d'un bonheur simple et authentique. Jadis, pour stocker leurs récoltes et les protéger des pillards, les Berbères édifiaient des greniers fortifiés, les ksours (pluriel de ksar), réunissant de multiples cellules, les ghorfas, qui servaient de silos. De ces constructions étonnantes, abandonnées aujourd'hui aux vents, mais conservés avec soin, il reste quelques magnifiques exemples dans la région de Tataouine. Le plus célèbre, Ksar Haddada, a d'ailleurs servi de décor à l'un des épisodes de " La Guerre des étoiles " de George Lucas, tout comme les surprenantes habitations troglodytiques des monts Matmata (du nom d'une tribu berbère). Le regard embrasse d'abord un vaste plateau aride, rythmé par de multiples cratères profonds d'une dizaine de mètres. Autour de chaque excavation, une maison est construite, ou plutôt creusée dans le sol sur plusieurs niveaux. Certaines sont toujours habitées par des personnes souvent très âgées. Toujours vives et alertes, elles ne changeraient pour rien au monde leur chez soi spartiate contre un confort " moderne ". Puis cap sur le désert. Ici et là, des oasis surgissent au bout d'un paysage nu. Au gré des kilomètres, les traces de civilisations s'éloignent. Le temps suspend son vol, plus rien ne bouge. Le désert, c'est d'abord le silence. L'horizon paraît sans limites. Devant les yeux, juste une mer de sable aux vagues inlassablement redessinées par le vent. Plus loin, la couleur change, des touches vertes apparaissent. Une palmeraie jaillit à l'horizon. On arrive à Ksar Ghilane, la plus saharienne des oasis tunisiennes. Jadis, ce fut un site fortifié d'où l'on contrôlait les déplacements de nomades. Il a cédé la place à un jardin d'Eden, peuplé d'exubérants palmiers verts et de tamaris couverts de gerbes roses. Autour de cet îlot de fraîcheur, le sable chaud se déroule à perte de vue. Fauve, rouge, ocre, cuivré, jaune ou doré, ses couleurs changent d'un instant à l'autre. C'est dans ces paysages d'une beauté à couper le souffle, qu'Anthony Minghella a tourné les plus belles scènes du film " Le Patient anglais ". Après le bourg d'El-Kantara, l'île de Djerba est à une demi-heure, par la chaussée romaine qui franchit la mer. On commence par s'attarder à Guellala, la capitale des potiers. Ce sont les Phéniciens qui ont introduit dans l'île l'art de la poterie tournée. Ce ravissant petit hameau était autrefois truffé d'ateliers à demi-enterrés. Pas moins de quatre cents potiers faisaient vivre leurs familles en pratiquant cet art ancestral. Plus tard, la céramique a déménagé vers Tunis et Nabeul. A Guellala, ils ne sont plus qu'une trentaine de potiers qui maintiennent la tradition en fabriquant les jarres dodues qui servaient autrefois à stocker les denrées alimentaires, les gargoulettes utilisées pour la pêche au poulpe, et aussi, modernité oblige, toute une panoplie de vaisselle, déclinée dans des coloris les plus tendance. C'est donc ici qu'il faut faire ses emplettes. On ne manquera pas de visiter le musée du patrimoine de Djerba, implanté dans une grande bâtisse blanche que les habitants nomment avec humour la Tour Eiffel de Djerba. C'est, en effet, l'endroit le plus élevé de l'île : 52 mètres ! D'ici, la vue sur la ville de Guellala est grandiose. Des maisons cubiques, coiffées de coupoles blanches, si typiques de l'architecture locale, ondulent vers l'infini, nappées par une lumière poudrée et irisée. A l'intérieur du musée, on se promène comme dans un village. Au fil de la balade, on découvre, joliment mises en scène, les activités de la vie quotidienne : la fabrication d'huile, le tissage de toiles et de tapis, la détente au hammam, les jeux, les longs préparatifs pour les fêtes et les mariages. Ensuite ? On se dirige vers la dernière adresse en vogue de l'île, le fabuleux Djerba Explore, inauguré il y a un an. Ce complexe immense, bâti à l'initiative d'un industriel tunisien, est un village en soi où l'on peut facilement passer une journée, tant les activités proposées sont nombreuses. On commence par la culture. L'architecture généreuse et aérée du musée Lalla Hadria réunit une superbe collection, d'environ trois mille pièces, illustrant les arts de Tunisie, du Maghreb et du Moyen-Orient. Le but ? Démontrer, à travers les objets de très grande qualité, l'extraordinaire interpénétration entre les arts persan, ottoman, moghol, chinois, andalous et islamique. Tout est remarquablement exposé et mis en valeur. On se régale en admirant les splendides tableaux et miniatures, les calligraphies, les costumes magnifiquement brodés, les céramiques précieuses, les bijoux et parures d'une richesse inouïe ainsi que les tapis. Quelques chefs-d'£uvre ? Ce tapis de prière iranien en feutre du XVIIe siècle, aux broderies époustouflantes, des châles anciens qui témoignent de l'élégance de la femme tunisienne et, surtout, ce tapis noir et blanc en laine et coton, décoré d'une multitude de motifs géométriques, raffinés et précieux. Sa réalisation a demandé deux ans de travail. Il a été brodé blanc sur blanc, puis trempé dans un colorant noir. La teinture a pénétré uniquement dans les fils de laine, donnant ce résultat extraordinaire. Il mérite d'autant plus l'admiration que, comme nous rappelle le guide, l'art du tapis et de la broderie était pratiqué par des femmes qui n'avaient aucun contact avec le monde extérieur et qui ne sont jamais allées à l'école, sans parler d'une école de design ! Juste à côté, il y a un musée en plein air. On pénètre dans un habitat typique, on apprend le fonctionnement d'un pressoir d'huile, d'un atelier de tissage et d'une poterie. Et maintenant, place au divertissement. Ici, dans une serre tropicale et dans des lacs bordés de papyrus, de bananiers et de palmiers, c'est le royaume des crocodiles. Ils sont environ 400 à faire la sieste, bâiller ou s'amuser dans l'eau. Lors de la conception de Djerba Explore, il a été décidé de joindre, au vaste complexe culturel, une composante animalière, plus ludique. Le Français Marc Gansuana, grand spécialiste des reptiles, a été chargé de concevoir les lieux et de les peupler de jeunes crocodiles du Nil. La plus grande ferme de crocodiles de la Méditerranée est aussi une attraction touristique peu commune qui passionne les petits et les grands. Mais une telle quantité de crocodiles est par ailleurs une aubaine pour les scientifiques et chercheurs du monde entier qui peuvent étudier, ici, leurs m£urs et leurs habitudes, encore mal connues. On peut passer des heures dans ce formidable parc naturel, en se baladant en toute liberté. En insistant un peu, Marc Gansuana, vous laissera, peut-être, toucher les écailles douces d'un bébé crocodile, une espèce de " lézard " de vingt centimètres de longueur. Ses petits yeux, pas plus grands que la tête d'une épingle et d'une férocité inouïe, " crachent " une seule envie : vous dévorer tout cru ! n Renseignements. L'Office national du tourisme tunisien, 162, avenue Louise, à 1050 Bruxelles. Tél. : 02 648 30 78 ou 02 648 23 55. Fax. : 02 647 20 18. E-mail : tourismtunisia@skynet.be Internet : www.tourismtunisia;com n Formalités. Carte d'identité + réservation d'hôtel (vouchers). n Langues. L'arabe est la langue officielle. Le français est parlé partout. n Monnaie. Le dinar tunisien. Un euro vaut 1,556 dinar. n Vaccin. Pas de vaccin obligatoire. n Téléphoner. Former le + 216. n Décalage horaire. En hiver, il n'y a pas de décalage. En été : GMT + 1. n Saison idéale. Le printemps (avril-mai) est la saison la plus agréable. En hiver, les températures sont très agréables et oscillent entre 17 °C et 25 °C. Les étés sont torrides. n Y aller. Tunis Air assure des vols directs pour Djerba le mardi et le samedi ainsi qu'un vol sur Tozeur (via Djerba), le mardi. Tél. : 02 627 05 53 (54, 55 et 56). Il y a également de nombreuses possibilités de vols charters. Se renseigner auprès de votre agent de voyages. n Se loger. A Tataouine, l'hôtel Dakyanus est situé en dehors de la ville. Les chambres sont simples, agréables et confortables. La cuisine traditionnelle est excellente. Tél. : + 216 75 832 199. Fax : + 216 75 832 198. A Matmata, l'hôtel Diar El Barbar offre une expérience étonnante. Conçu par un architecte berbère, originaire de la région, il s'inspire grandement des habitations troglodytiques. On dort dans une cellule blanche, dépourvue de fenêtre, mais joliment décorée. Toutes les chambres sont bien entendu équipées de douche ou de salle de bains. Grande piscine en plein air. Tél. : + 216 75 240 074. Fax : +216 75 240 144. A Djerba, l'hôtel Yadis Thalasso Golf se distingue par un luxe discret et un grand raffinement. Ici, pas de show clinquant. Les espaces sont vastes et confortables, l'ambiance douce et feutrée. Dans les restaurants, la cuisine est savoureuse et raffinée. On prend un thé ou un café dans un superbe Café Maure. Tél. : + 216 75 747 410 (ou 235). Fax : + 216 75 747 223. Internet : www.yadis.com n Visiter. Djerba Explore (un Musée d'art et d'histoire, un Conservatoire du Patrimoine et une Ferme de crocodiles). Le Phare de Taguermess, route touristique Midoun û Aghir. Tél. : + 216 75 745 277. Fax : + 216 75 745 255. n A rapporter. Des poteries décoratives et de la vaisselle (dont celle ornée d'un motif bicolore vert et jaune, typique de Djerba). Espace La Perle, Art de la Poterie à Guellala, à côté de la pharmacie. Tél. : + 216 75 761 128. Barbara Witkowska