Depuis six mois, Arthur Khatchatrian, philosophe de formation, et Anna Galstyal, spécialiste des langues slaves, ont ouvert leur restaurant bio à Woluwe-Saint-Lambert. Une reconversion en phase avec leurs aspirations pour ces deux Arméniens, gourmands et épris de nature.
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Depuis six mois, Arthur Khatchatrian, philosophe de formation, et Anna Galstyal, spécialiste des langues slaves, ont ouvert leur restaurant bio à Woluwe-Saint-Lambert. Une reconversion en phase avec leurs aspirations pour ces deux Arméniens, gourmands et épris de nature. Elle. " J'ai grandi en Arménie. Là-bas, tout est naturel, les fruits et légumes sont frais. Lorsque je suis arrivée en Belgique, j'ai commencé progressivement à acheter des aliments cultivés sans pesticides, parce que le goût me rappelait cette vie d'avant. Surtout le concombre ! Au début, il y a une dizaine d'années, Arthur était un peu réticent, il pensait que c'était juste l'emballage qui différait. Puis, il a essayé et il a été convaincu. Alors, quand Arthur m'a annoncé qu'il voulait ouvrir une pizzeria, je lui ai dit que je ne le suivrais que si c'était bio ! Après, à la maison, c'est vrai que c'est souvent moi qui fais le plus au niveau écologie, je suis son moteur... " Lui. " C'est Anna qui a insisté pour que le restaurant soit bio, c'était la condition pour qu'elle me rejoigne dans ce projet. Depuis, j'assume le rôle de pizzaiolo et elle sert les clients en salle. Mais en réalité, mes convictions remontent à mes expériences de jeunesse... Un jour, en pêchant avec mes amis dans la lagune de Venise, où j'ai vécu un temps, on avait attrapé un poisson sans queue, un bar je pense... Quand j'en ai parlé à mon professeur de biologie de l'époque, il m'a expliqué que c'était à cause de la pollution. Je me souviens également que j'étais alors frappé par la beauté des vignes toscanes et la nécessité de les sauvegarder. C'est ce qui m'incite aujourd'hui à faire attention à l'environnement, à la maison comme au restaurant. Pour moi, la pizza doit être simple, un morceau de nature, de local, avec de bons produits. Mes amis ont d'abord pensé que j'étais fou quand j'ai lancé cette idée. Ils me répétaient : " Va chercher ta mozzarella en Italie ! " Mais j'ai décidé de m'approvisionner dans les Ardennes : le matin, elle est fabriquée, et l'après-midi, elle est chez moi. Comme elle ne voyage pas beaucoup, elle est très fraîche ! Nous proposons par ailleurs des légumes qui viennent d'ici. On a une pizza aux chicons, par exemple, qui marche très bien. On fait aussi la différence pour notre risotto, avec des champignons provenant de Bruxelles, et donc pas importés. De manière générale, nous évitons le gaspillage au maximum et nous avons acheté un four économe pour l'établissement. Il s'arrête automatiquement lorsque la température dépasse celle nécessaire. La facture d'électricité a été divisée par trois grâce à cela ! "