Le célèbre magazine américain " Time " a tranché : à ses yeux, la meilleure invention de l'année 2006 n'est pas Ségolène Royal ni même le fameux coup de boule médiatique de Zidane, mais bien le site Internet YouTube ( www.youtube.com). Pour la majorité d'entre nous issus de la génération papier, cette adresse spécialisée dans le partage de vidéos en ligne est aussi nébuleuse que le septième épisode d'Harry Potter revu et corrigé à la sauce manga. En revanche, pour les ados qui ont été élevés au biberon numérique, l'exploration quotidienne de cette plate-forme d'images filmées est aussi essentielle que le petit café et/ou le jus d'orange du matin. Pas vitale, certes, mais presque.
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Le célèbre magazine américain " Time " a tranché : à ses yeux, la meilleure invention de l'année 2006 n'est pas Ségolène Royal ni même le fameux coup de boule médiatique de Zidane, mais bien le site Internet YouTube ( www.youtube.com). Pour la majorité d'entre nous issus de la génération papier, cette adresse spécialisée dans le partage de vidéos en ligne est aussi nébuleuse que le septième épisode d'Harry Potter revu et corrigé à la sauce manga. En revanche, pour les ados qui ont été élevés au biberon numérique, l'exploration quotidienne de cette plate-forme d'images filmées est aussi essentielle que le petit café et/ou le jus d'orange du matin. Pas vitale, certes, mais presque. Fort de ses 100 millions de vidéos visionnées chaque jour sur son site, YouTube a en effet bouleversé les habitudes d'un nombre considérable d'internautes, jeunes et moins jeunes. Le magazine " Time " justifie d'ailleurs son choix pertinent sur la base de ces arguments : " YouTube a instauré, pour des millions de personnes, une nouvelle façon d'apprendre et de se divertir à une échelle inconnue jusqu'alors. " Pour l'anecdote, c'est grâce à ce site extraordinaire que notre Michel Daerden régional est notamment devenu une star quasi mondiale du Web : ses exploits télévisés et passablement arrosés au lendemain des dernières élections communales y ont été consultés par plus de 650 000 internautes de tous pays ! Pareil pour l'expérience " Prenez un Mentos et plongez-le dans une bouteille de Coca-Cola light " : là aussi, le buzz s'est construit autour de cette drôle de boutique de vidéos gratuites. Lancé par trois amis qui cherchaient le moyen idéal de s'échanger rapidement des clips vidéo sur le Net, YouTube est devenu, en quelques mois à peine, une véritable plate-forme de vie participative, reflet de la tendance communautaire de fond qui enrobe désormais la sphère Internet. Aujourd'hui, le consommateur ne subit plus le contenu sur le Web : il le fabrique, l'enrichit, le partage et le peaufine. L'internaute n'est plus seulement spectateur, il devient acteur et producteur à la fois. Mieux, il s'improvise même correcteur de contenu communautaire, comme sur le site www.wikipedia.org, une encyclopédie libre et gratuite où se trouvent notamment plus de 400 000 articles écrits par et pour les internautes. Ou comme sur le célébrissime www.ebay.be où ce sont finalement les acheteurs et les vendeurs qui régulent, en autogestion, les biens et services disponibles sur le site. Dans cette nouvelle version du Web communautaire également baptisée " Web 2.0 ", l'internaute crée ainsi sa propre culture, son propre commerce et son propre divertissement, se définissant désormais comme " consommacteur " à part entière d'une cybermatrice dotée d'intelligence collective. Il n'a donc plus besoin d'autorité " compétente " pour apprendre, acheter ou s'amuser, au risque de cultiver une méfiance maladive à l'égard de tous les détenteurs traditionnels de pouvoir, journalistes y compris puisque, là aussi, l'internaute de base dispose désormais d'armes technologiques qui lui permettent, à son tour, de jouer au reporter de proximité ( lire à ce propos l'article sur le journalisme conversationnel dans Le Vif/L'Express du 8 décembre dernier). L'éclosion de cette " génération participation " - qui a donné naissance à un livre et à un site Internet sur le sujet ( www.generationp.eu) - est enfin évoquée par l'auteur britannique Charles Leadbeater sous l'appellation du phénomène " We-Think " (" nous pensons "). Ce dernier est d'ailleurs en train de consacrer un livre à cette nouvelle communauté participative (sortie prévue l'été prochain), livre qui est en pleine gestation et dont l'écriture est évidemment soumise, en temps réel, aux commentaires et autres jugements des internautes concernés sur www.wethinkthebook.net. Le comble de la création participative, en quelque sorte. Retrouvez Frédéric Brébant, chaque lundi matin, vers 9 h 45, dans l'émission " Bonjour quand même " de Jean-Pierre Hautier sur La Première (RTBF radio) et également sur le site www.lapremiere.be dans la rubrique Podcast. Frédéric Brébant