A l'origine, c'était une boutade, lancée sur les réseaux sociaux par la chef étoilée Isabelle Arpin. Lorsque l'artiste Olga Dupré complimente l'un de ses plats, estimant qu'il ressemble à un tableau, l'ex-toque des établissements Alexandre et WY lui lance un malicieux " chiche ". La trentenaire relève le défi et dévoile un cercle noir réalisé à l'encre de Chine, métaphore graphique de l'assiette, complété par une compos...

A l'origine, c'était une boutade, lancée sur les réseaux sociaux par la chef étoilée Isabelle Arpin. Lorsque l'artiste Olga Dupré complimente l'un de ses plats, estimant qu'il ressemble à un tableau, l'ex-toque des établissements Alexandre et WY lui lance un malicieux " chiche ". La trentenaire relève le défi et dévoile un cercle noir réalisé à l'encre de Chine, métaphore graphique de l'assiette, complété par une composition aussi abstraite qu'épurée. L'idée plaît et, au gré des rencontres ou de propositions d'internautes, de blogueurs culinaires et de cuisiniers, d'autres toiles colorées rejoignent son atelier. Finalement, ce sont les créations de chefs comme Jean Sulpice, Karen Torosyan (Bozar Brasserie) ou Pierre Marcolini qui se retrouvent immortalisées par les pinceaux d'Olga Dessine, son surnom dans la profession. A la manière d'un clin d'oeil, peintures et gouaches côtoient ingrédients comestibles, qu'il s'agisse de vin, d'épices, de spiruline, de betterave ou de pelures d'oignon. Soit un joli pari pour cette ancienne psychologue en milieu hospitalier. Cette dernière s'est reconvertie en peintre et illustratrice jeunesse il y a près de quatre ans, lorsqu'elle publie La maman de Léon est malade, elle a un cancer, à la demande de plusieurs parents. Une partie de sa vie qui n'est pas totalement oubliée pour autant, puisque la Bruxelloise anime encore des ateliers d'art thérapie pour des patients atteints de cancer, quand elle n'est pas derrière son chevalet ou en train de dessiner un livre pour enfants - son prochain opus devrait d'ailleurs sortir avant la fin de l'année. En attendant, ses tableaux gourmands sont accrochés dans le restaurant qu'Alain Bianchin, longtemps second de Pascal Devalkeneer du Chalet de la Forêt, passé ensuite par la case Villa Lorraine, a ouvert en 2015 à Jezus-Eik. Tous les plats signatures du cuisinier sont réinterprétés sur une toile de coton épais, format 65 sur 55 centimètres, comme ses huîtres fumées ou ses madeleines à l'encre de Sèche. A déguster (avec les yeux) jusqu'à début 2018. www.olgadessine.com et www.alainbianchin.beCATHERINE PLEECK