Pour elle, l'histoire est déjà vieille, c'était il y a trois ans, Lize Spit entamait alors l'écriture de son premier roman Het smelt. Pour le lecteur francophone, par contre, elle date du printemps dernier, qui découvrit Débâcle en librairie, traduit...

Pour elle, l'histoire est déjà vieille, c'était il y a trois ans, Lize Spit entamait alors l'écriture de son premier roman Het smelt. Pour le lecteur francophone, par contre, elle date du printemps dernier, qui découvrit Débâcle en librairie, traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif et publié par Actes Sud, objet littéraire d'une brutalité magistrale. La jeune femme née à Viersel en 1988, auréolée de plusieurs prix, désormais traduite en treize langues et bientôt portée à l'écran par Veerle Baetens, s'y entend pour coucher sur papier, en aller-retour dans le temps, une teen novel rurale au féminin singulier. Une enfance branlante à Bovenmeer et une adolescence là-bas, déchiquetée, qui la conduisent à cet aujourd'hui adulte et glaçant. Surnommée " hype Lize Spit ", l'auteure aux 200 000 exemplaires écoulés dans sa version originale enseigne l'écriture de scénario et, de concert, travaille à son deuxième opus. " Quand j'écris, je suis une chirurgienne qui fait une opération, confiait-elle à Focus Vif. Je ne pense pas à ce que les gens penseront. " Ceinte dans une langue acérée et implacable, dans ce corps de jeune fille sacrificielle, son Eva spectrale hantera longtemps encore les pages de cette Débâcle et ceux qui les lurent.