Dans cette rue de Rumbeke, en Flandre-Occidentale, les classiques maisons mitoyennes sont légion. Férus d'indépendance, l'artiste belge Christophe Marichal - qui préfère se faire appeler Christo° ( lire par ailleurs) - et sa compagne Oliva ont précisément voulu éviter ce genre d'habitat. Ils bourlinguent régulièrement aux quatre coins du monde et ont par exemple, voici deux ans, enseigné à Saint-Martin pendant plusieurs mois : " Nous avions envie de retrouver dans notre vie quotidienne ce sentiment d'évasion propre à l'aventure, raconte le plasticien. Dans un intérieur, nous accordons beaucoup d'importance à l'épure, tout comme à la luminosité et au sentiment de mobilité. L'annexe dans laquelle nous nous trouvons repose sur des poteaux. C'est comme si elle était installée sur une plage et que la terrasse de jardin faisait office de ponton. On pourrait presque prendre le large - je grossis un...

Dans cette rue de Rumbeke, en Flandre-Occidentale, les classiques maisons mitoyennes sont légion. Férus d'indépendance, l'artiste belge Christophe Marichal - qui préfère se faire appeler Christo° ( lire par ailleurs) - et sa compagne Oliva ont précisément voulu éviter ce genre d'habitat. Ils bourlinguent régulièrement aux quatre coins du monde et ont par exemple, voici deux ans, enseigné à Saint-Martin pendant plusieurs mois : " Nous avions envie de retrouver dans notre vie quotidienne ce sentiment d'évasion propre à l'aventure, raconte le plasticien. Dans un intérieur, nous accordons beaucoup d'importance à l'épure, tout comme à la luminosité et au sentiment de mobilité. L'annexe dans laquelle nous nous trouvons repose sur des poteaux. C'est comme si elle était installée sur une plage et que la terrasse de jardin faisait office de ponton. On pourrait presque prendre le large - je grossis un peu le trait, bien sûr. Mais ce besoin de liberté est essentiel depuis que nous avons pris goût au voyage. Vivre dans une maison ordinaire nous serait impossible. " Le bâtiment principal, qui abrite l'atelier de l'artiste, était autrefois l'espace de travail d'un producteur de fleurs. Il s'agit en réalité d'une simple construction en briques de style industriel qui date de l'après-guerre. Si elle n'a pas de cachet particulier, son côté authentique est, lui, indéniable. Le bureau du chef a même été conservé. " Il nous semblait indispensable que l'endroit où nous vivons aujourd'hui reflète l'architecture de cet édifice ", explique Oliva. C'est ainsi que cette bâtisse sur pilotis pourvue d'une immense fenêtre côté jardin et d'un toit en métal a pris forme. Un volume de 10 mètres sur 10 dont les plafonds de près de 4 mètres de hauteur permettent à la lumière de baigner les pièces de vie. Des armoires murales servent à diviser l'espace et à dissimuler la salle de bains et la chambre. Pour aménager les lieux, le couple a fait appel à l'architecte d'intérieur Marc Thoen, qui a également conçu la cuisine, toute de noir vêtue. La décoration, prise en charge par les habitants eux-mêmes, fait la part belle au mobilier vintage et aux oeuvres d'art. " Pendant des années, nous passions nos dimanches matins à la brocante du Bigg's à Waterloo, confie Christo°. Les bonnes affaires y étaient nombreuses... Du moins, avant que la vague rétro ne gagne le grand public. " Aujourd'hui, les trésors chinés ainsi que les tableaux et sculptures ont presque tous disparu de leur intérieur, à l'exception d'une des premières Stilthouses d'Arne Quinze, pour laquelle les propriétaires ont spécialement construit une vitrine. " Elle est pour nous un symbole de liberté, d'habitat différent et de vie ", explique le Ouest-Flandrien. L'homme est aussi à l'origine d'expositions artistiques éphémères sous le titre Motel Moteur. Ces événements, auxquels sont invités des plasticiens mais aussi des galeries d'art et des designers, se tiennent dans des bâtiments vides. L'été dernier, c'est dans un magnifique bungalow de l'architecte Hendrik Vermoortel, bâti dans les années 70 sur le Warellesgoed à Rumbeke, que la manifestation a été organisée. " C'est très réjouissant de faire entrer l'art et le design dans un immeuble dépourvu de vie. Surtout dans cet espace aux accents seventies sans fioritures. Malheureusement, celui-ci a été détruit par la suite. " Pour la prochaine édition, l'artiste est encore activement à la recherche d'un lieu. Il aspire également à monter une expo artistique éphémère dans l'ancienne villa royale Astrida, à Motril, près de Grenade. " Parce que c'est un endroit incroyable, une véritable icône des années 70 idéale pour la mise sur pied d'une fête dédiée à l'art et au design belge. Qui sait, peut-être y parviendrons-nous un jour ? " s'enthousiasme-t-il. En attendant, ce loft de Rumbeke reste le point d'ancrage de l'artiste et sa compagne. " On apprécie beaucoup la tranquillité et le confort de l'endroit. On pourrait le comparer à une version agrandie d'une micro-maison, ou tiny house, ces habitations compactes sur roues, sourit Oliva. Voyager dans une micro-maison de ce genre à travers l'Europe serait pour nous un rêve. "