La maille, c'était votre rêve d'enfant ?
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La maille, c'était votre rêve d'enfant ? Je veux faire ça depuis que j'ai 7 ans. Et c'est grâce à ma grand-mère, c'est elle qui m'a initiée au tricot et à la couture. Je suis ensuite allée étudier à Paris, à Esmod, parce que c'était la seule école qui proposait une formation en maille. A la fin de mes études, en 2014, j'ai été engagée chez Rykiel, j'y suis restée quatre mois, j'y ai appris à monter une collection. Puis, Chanel est venu me chercher, là, j'ai appris tout le reste, et à monter ma marque, également. Je me tricotais des pièces que je portais et tout le monde au bureau me félicitait, j'ai décidé de lancer ma griffe. Petite, j'avais deux rêves : travailler chez Chanel et fonder mon label... Comment créez-vous ? Je visite énormément d'expositions. Je prends des photos de ce que je vois, je regarde beaucoup de films, je fais un tableau d'inspirations en regroupant les choses qui s'accordent. Puis, je dessine mes croquis et je réalise les premières esquisses en toile, pour les volumes, et alors seulement je tricote mes prototypes. C'est ainsi que l'on m'a appris à travailler à Esmod. Je fais ensuite tout tricoter à la main, en partie dans un atelier qui s'occupe de personnes âgées et de réinsertion et en partie avec une petite équipe qui oeuvre pour ma marque, et uniquement en Wallonie. Pourquoi ? Parce que j'aime être proche des femmes qui tricotent pour moi, je les ai choisies personnellement. Et puis aussi parce que depuis que je suis toute petite, je veux remettre l'artisanat belge à l'honneur. Je trouve qu'il y a une espèce de truc très péjoratif quand on en parle, les gens imaginent souvent que c'est hyper kitsch et de toutes les couleurs alors qu'il existe un vrai savoir-faire en Belgique. Dans votre collection, on trouve une culotte en maille, la proposition est pour le moins originale... C'est une culotte d'intérieur et je l'ai tricotée sur une idée de ma mère qui voulait que l'on soit aussi bien dans ses vêtements que chez soi, un " home sweet home " qui deviendrait un " clothes sweet clothes ". Cette culotte m'est venue en tête dès ma première collection, qui s'inspirait d'une nana dans son appartement qui, pour être à l'aise, se baladait avec de la lingerie combinée à de la grosse maille.