"L'industrie de la mode dans son ensemble est opaque, basée sur l'exploitation, nuisible à l'environnement et a impérativement besoin d'un changement révolutionnaire. Nous aimons la mode, mais nous ne voulons pas que nos vêtements soient créés aux dépens de ceux qui les fabriquent ou de la planète. " Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'association Fashion Revolution ne mâche pas ses mots dès lors qu'il s'agit de dénoncer les dérives du secteur textile. Né en 2013, au lendemain de la catastrophe ayant causé la mort de 1 135 Ba...

"L'industrie de la mode dans son ensemble est opaque, basée sur l'exploitation, nuisible à l'environnement et a impérativement besoin d'un changement révolutionnaire. Nous aimons la mode, mais nous ne voulons pas que nos vêtements soient créés aux dépens de ceux qui les fabriquent ou de la planète. " Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'association Fashion Revolution ne mâche pas ses mots dès lors qu'il s'agit de dénoncer les dérives du secteur textile. Né en 2013, au lendemain de la catastrophe ayant causé la mort de 1 135 Bangladais travaillant dans la confection, le mouvement ne se contente pas de prêcher la bonne parole. Ainsi, pendant une semaine à partir du 24 avril, date anniversaire de ce drame qui avait aussi fait plus de 2 000 blessés mais eut le mérite d'alerter l'opinion publique, il appelle chacun d'entre nous à s'engager concrètement pour réclamer aux labels plus de transparence et de considération morale. Une photo de l'étiquette de sa petite robe ou de son tee-shirt préféré, le hashtag whomademyclothes (qui a fait mes vêtements) et la question est directement envoyée au fabricant, qui choisira ou pas de donner les infos concernant sa chaîne de production, l'absence de suite étant déjà un fameux indice du peu d'intérêt de ce dernier pour les valeurs éthiques. L'an passé, " le mot-clé a été utilisé plus de 156 millions de fois et 1 274 marques y ont répondu ", s'enthousiasme Chloé Mikolajczak, responsable belge de l'association. Bien sûr, ces chiffres en cachent d'autres, moins réjouissants. Les grands groupes, de luxe comme de fast fashion, ne sont par exemple pas les plus enclins à jouer le jeu. Et, en pratique, la traçabilité se perd parfois dans les méandres des sous-traitances en cascade. Mais, outre le doigt pointé sur les industriels, l'initiative a par ailleurs l'avantage d'amener les particuliers à envisager leur acte d'achat à travers un prisme différent, où n'interviennent plus seulement le look, la qualité et le prix mais également les conditions dans lesquelles certaines collections sont réalisées. Un paradigme où l'humain, au début de la chaîne tout comme à la fin - par le poids que représente le consommateur - redevient central. Parce qu'on avait presque oublié ce pouvoir-là : la décision finale, nous l'avons entre les mains. Ne dit-on pas que le client est roi ? C'est autour de lui qu'est axé le circuit de production de l'habillement, à lui de décider d'en faire un cercle vertueux. Retrouvez chaque vendredi Delphine Kindermans dans l'émission Pop & Snob de Fanny Guéret sur www.rtbf.be/auvio et sur Pure FM à 15 h 30.DELPHINE KINDERMANSL'AN DERNIER, #WHOMADEMYCLOTHES A ÉTÉ UTILISÉ PLUS DE 156 MILLIONS DE FOIS.