L'artiste

Sandrine Pelletier est née en 1976 à Lausanne, en Suisse. Elle y a étudié à la Haute Ecole des Arts appliqués (ECAL). Aujourd'hui, elle vit et travaille à Paris en tant que graphiste pour différents magazines et quelques marques. Elle a entre autres publié dans Citizen K et ID, et signé des univers visuels pour la créatrice de mode Vanessa Bruno, Renault ou encore Levi's. Parallèlement, elle développe une activité de plasticienne prodigieusement libre (performances, installation, dessins). Adepte du détournement des codes, elle s'est fait connaître en 2003 à la faveur de l'exposition ...

Sandrine Pelletier est née en 1976 à Lausanne, en Suisse. Elle y a étudié à la Haute Ecole des Arts appliqués (ECAL). Aujourd'hui, elle vit et travaille à Paris en tant que graphiste pour différents magazines et quelques marques. Elle a entre autres publié dans Citizen K et ID, et signé des univers visuels pour la créatrice de mode Vanessa Bruno, Renault ou encore Levi's. Parallèlement, elle développe une activité de plasticienne prodigieusement libre (performances, installation, dessins). Adepte du détournement des codes, elle s'est fait connaître en 2003 à la faveur de l'exposition Signes des écoles d'art au Centre Georges Pompidou, à Paris. Elle y montrait son travail de fin d'études, intitulé Wild Boys. Soit, un patchwork de tissus, brodés avec la machine à coudre de sa grand-mère représentant des adeptes du catch urbain tels qu'on en trouve dans la banlieue industrieuse de Londres. Entre humour et gravité, street art et pratique traditionnelle du tissage : une subtile collision esthétique de deux univers très éloignés l'un de l'autre. Ou quand la violence de la rue fait irruption chez mamy. Une £uvre où l'on retrouve déjà, embryonnaire, la démarche artistique actuelle de Sandrine Pelletier. Entre pop culture et réhabilitation de l'artisanat, revalorisation du low-tech dans un environnement arty saturé de technologies high, son travail repose la question de l'abolition des frontières entre beaux-arts et arts dits mineurs. L'exposition que Sandrine Pelletier présente chez Taché-Lévy, à Bruxelles, s'intitule Time to Clown Around , que l'on pourrait traduire par " Fini d'épater la galerie ! " Par association d'idée : une métaphore de l'exhibitionnisme des artistes à la fois pleine d'humour et suintant l'autocritique. Une métaphore qu'elle matérialise à travers une installation très artisanale d'objets divers évoquant un cirque en ruine ( photo 1.). Où l'on croise un autoportrait en marionnette de ventriloque ( photo 3.), une céramique représentant le fameux lapin blanc du magicien, mais desséché, un fusain d'une dompteuse étouffée par ses serpentsà Un spectacle extrêmement joyeux, doncà Que l'on peut également lire comme le journal intime de la plasticienne se souvenant des " cirques en bout de course " de son enfance et de la mélancolie crépusculaire qu'ils dégageaient. Sandrine Pelletier semble ne s'encombrer d'aucun filtre rationnel pour mettre en scène ses associations d'idées étranges et barrées. On appelle ça la poésie. Constat du caractère éphémère de la félicité, de la fragilité de la performance artistique, cette installation fait par ailleurs suite à des pièces, très fortes, comme Rapetto, évocation d'un dérapage douloureux d'une danseuse de ballet ( photo 2.). Sandrine Pelletier : Time to Clown Around, à la galerie Taché-Lévy, 74, rue Tenbosch, à 1050 Bruxelles. Jusqu'au 10 juillet prochain. Tél. : 02 344 23 68. www.tache-levy.com Chaque mois, Le Vif Weekend vous propose le décryptage d'une exposition. Parce que l'art contemporain est souvent taxé d'hermétisme, nous vous donnons les clés de lecture pour passer les portes des galeries et apprécier le meilleur de l'art vivant. Baudouin Galler