Pour son second défilé à la direction artistique de Celine, Hedi Slimane a en effet offert un souffle salvateur aux fondamentaux de la respectable lady. A la clé, un mythe dépoussiéré, celui de la bourgeoise que Céline Vipiana avait à l'esprit en lançant sa griffe, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Sur le catwalk, en droite ligne du Saint-Germain-des-Prés des années 70, cinquante-neuf silhouettes composées de jupes-culottes, blouses à lavallière, capes ou bla...

Pour son second défilé à la direction artistique de Celine, Hedi Slimane a en effet offert un souffle salvateur aux fondamentaux de la respectable lady. A la clé, un mythe dépoussiéré, celui de la bourgeoise que Céline Vipiana avait à l'esprit en lançant sa griffe, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Sur le catwalk, en droite ligne du Saint-Germain-des-Prés des années 70, cinquante-neuf silhouettes composées de jupes-culottes, blouses à lavallière, capes ou blazers noirs. Sans oublier les incontournables lunettes aviators et les bottes au genou marquant, à grandes enjambées, le tempo de l'automne-hiver, bien au-delà du vestiaire proposé par la maison. Et si Chanel ou Hermès ont, dès le départ, fait du jeu avec les codes BCBG un de leurs signes distinctifs, cette fois même Demna Gvasalia, le talentueux trublion de Balenciaga, revisite à sa manière la jupe en tweed, l'escarpin ou le chemisier en soie. Autant d'avatars décomplexés, allurés, souvent ancrés dans la vie de tous les jours, partageant une vision non ostentatoire et pourtant affirmée de l'élégance. A côté de quelques prises de position volontairement provocatrices, après les vagues rock, sportswear, streetwear et athleisure, c'est donc au retour à une certaine discrétion que l'on assiste là, dans leurs partis pris stylistiques comme dans les coulisses de nombreuses marques. Ainsi de ces métiers de l'ombre sur lesquels elles acceptent désormais de lever le voile... au moins un coin de celui-ci. Loin des lumières des podiums, de l'illustrateur sonore à la metteuse en matières en passant par la modéliste, nous sommes allés à la rencontre de ceux sans qui les collections n'existeraient pas. En backstage, toujours, le chignon reprend du galon. La tresse, emblème de la jeune fille de bonne famille, est réhabilitée. Et le maquillage semble lui aussi faire profil bas : si une touche de fantaisie est parfois encouragée, la réincarnation de la Parisienne tendance Rive gauche mise en priorité sur un teint faussement nu - en réalité très travaillé - et une bouche parfaitement dessinée - qu'importe la nuance, pourvu qu'elle soit franche. Prouvant, s'il le fallait encore, que discrétion ne rime en rien avec fadeur, aujourd'hui plus que jamais. Chic alors.