Londonienne pure souche, Charlotte Tilbury a tenu à présenter ses premières créations pour Helena Rubinstein dans " sa " ville. Lorsqu'elle apparaît, un seul mot vient à l'esprit pour la définir : elle ressemble à une fée. Mince, mais joliment pulpeuse, un brin sexy et irrésistiblement romantique, elle est vêtue d'une robe floue et fluide, très sensuelle, travaillée en " soupçons de couleurs " pastel, jaune, gris et vert. Des escarpins haut perchés de couleur rose pimentent cet ensemble aux reflets précieux. Son admirable teint de porcelaine est mis en valeur par une masse vaporeuse et mousseuse d'une impressionnante chevelure rousse. Directe et spontanée, Charlotte évoque son parcours créatif avec simplicité et enthousiasme. Fille d'un peintre et d'une artiste dotée d'une grande sensibilité, elle baigne dès sa tendre enfance dans l'univers de la beauté, du glamour et du papier glacé des magazines. Très vite, elle suit ses parents à Ibiza où ils vivent comme des " bohémiens ". Dans ce melting- pot coloré et virevoltant, bercea...

Londonienne pure souche, Charlotte Tilbury a tenu à présenter ses premières créations pour Helena Rubinstein dans " sa " ville. Lorsqu'elle apparaît, un seul mot vient à l'esprit pour la définir : elle ressemble à une fée. Mince, mais joliment pulpeuse, un brin sexy et irrésistiblement romantique, elle est vêtue d'une robe floue et fluide, très sensuelle, travaillée en " soupçons de couleurs " pastel, jaune, gris et vert. Des escarpins haut perchés de couleur rose pimentent cet ensemble aux reflets précieux. Son admirable teint de porcelaine est mis en valeur par une masse vaporeuse et mousseuse d'une impressionnante chevelure rousse. Directe et spontanée, Charlotte évoque son parcours créatif avec simplicité et enthousiasme. Fille d'un peintre et d'une artiste dotée d'une grande sensibilité, elle baigne dès sa tendre enfance dans l'univers de la beauté, du glamour et du papier glacé des magazines. Très vite, elle suit ses parents à Ibiza où ils vivent comme des " bohémiens ". Dans ce melting- pot coloré et virevoltant, berceau de tous les courants artistiques et de toutes les tendances de la mode, Charlotte fait son apprentissage de l'apparence. " Tout de suite, j'ai adoré la beauté, confie-t-elle. On peut transformer sa vie avec le maquillage ! " Elle dévore les magazines, analyse à la loupe les looks et les maquillages avec l'intention ferme d'en faire, un jour, sa profession. La vie à Ibiza lui permet de se constituer une " bibliothèque d'images " qui ne la quittera plus et continue à l'inspirer encore aujourd'hui. Après le BAC, Charlotte s'inscrit dans une école spécialisée de make-up et devient rapidement la coqueluche des photographes de mode, tels Mario Testino ou Steven Klein et des stylistes les plus pointus : Prada, Miu Miu, Calvin Klein ou Donna Karan. Tous craquent pour sa " patte " affirmée, sexy, ludique et, surtout, ultraféminine. Les géants de la cosmétique commencent à lui faire des yeux doux, les propositions alléchantes affluent. Lorsqu'elle est approchée par le staff de Helena Rubinstein, Charlotte dit " oui " sans hésiter. " Pour moi, c'était l'accomplissement d'un rêve, commente-t-elle. J'ai toujours admiré cette personnalité passionnée et déterminée, au charisme énorme. Helena Rubinstein n'était pas belle. Mais c'était une icône qui comprenait comment s'embellir. Elle était aussi consciente du pouvoir que le maquillage donne aux femmes. Pour moi, c'est une grande inspiration, je m'identifie à Helena Rubinstein, car je voudrais rendre ce pouvoir aux femmes. " Charlotte n'ambitionne pas de révolutionner le maquillage. Pas d'extravagances, pas d'audaces démesurées. Son souci est, au contraire, de le rendre plus proche et plus ludique, de le dédramatiser, d'enlever certaines craintes face à la couleur. Sa philosophie se résume en trois points. Premièrement, elle ne veut plus de déesse au look glamour, très bronzée. Pour elle, le bronzage est complètement dépassé (elle le qualifie d'ailleurs de " suicide de la peau "). Sa préférence va vers un teint le plus naturel possible, sain, frais et éclatant, délicatement sublimé par la nouvelle Poudre pressée Color Clone (lire aussi page 40). Fine et impalpable, elle ne fait qu'un avec la peau, lui ajoutant juste un soupçon de voile velouté. Deuxièmement : la subtilité des couleurs. Elles doivent toujours rester élégantes et portables. En maquillage, l'époque du show-of et du glamour à outrance est bien terminée. Le point numéro trois va à l'inverse de la tendance actuelle : chez Helena Rubinstein il n'y aura pas de produits parfumés aux fruits exotiques ou à la fraise tagada. Car, affirme Charlotte, " les hommes n'aiment pas embrasser les femmes utilisant des cosmétiques aux textures parfumées ". Full Kiss ? Charlotte en est particulièrement fière. Ni gloss, ni rouge à lèvres, ce produit combine les avantages des deux. Sa texture seconde peau est un concentré de haute technologie, enrichi d'agents hydratants et d'un complexe de collagène. Non seulement il apporte un confort extrême, mais il colore les lèvres de tons naturels et appétissants. Il rend la bouche volumineuse et sexy. Ses coloris préférés ? Bed Red, le plus coquin, et Bronze Boudoir, le plus chic. Charlotte apprécie aussi le mascara Lash Queen. Pour le mettre au point, elle s'est inspirée de la fausse fourrure. Ce nouveau mascara sépare, épaissit, amplifie la longueur, donne du volume, apporte un fini délicat et soyeux aux cils. Le conseil de la " pro " ? Ne pas hésiter à mettre 15 couches, comme elle, pour avoir un " regard fatal ". Pour élaborer la collection automne-hiver 04-05, appelée Temptation et influencée par les années 1920, 1930 et 1940, elle avait en tête des images d'alcôves baroques, chargées de velours pourpre et de satin noir. Tout cela se traduit aujourd'hui par un teint laiteux et très pâle, des ombres à paupières sépia qui entourent le regard d'un halo fumé et des brillants à lèvres clairs et naturels, pour une bouche sexy et généreuse. En avant-première, épinglons déjà les maquillages pour les fêtes : une panoplie de couleurs joyeuses et vibrantes, enfermées dans des écrins ruisselants d'or, dans la grande tradition du luxe prôné par Helena Rubinstein. Barbara Witkowska