Combien d'architectes sont capables de bâtir eux-mêmes leur propre maison? De couler le béton et d'ériger des murs droits? David D'Hulst, fondateur de Studio Ambacht, a consacré deux ans à son nid douillet au coeur de la forêt campinoise. Une performance, mais aussi une expérience formatrice, car à part le gros oeuvre et les installations techniques, il a tout construit seul. "Le concept d'architecte-artisan me plaît beaucoup. Ma compagne et moi avons pris en charge les détails intérieurs et les finitions. Travailler avec mes mains autant que possible a fait de moi un meilleur concepteur, et amélioré mes connaissances constructives. Toutefois, la maison est restée abordable financièrement grâce aux matériaux choisis avec soin et souvent de récup'."
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Combien d'architectes sont capables de bâtir eux-mêmes leur propre maison? De couler le béton et d'ériger des murs droits? David D'Hulst, fondateur de Studio Ambacht, a consacré deux ans à son nid douillet au coeur de la forêt campinoise. Une performance, mais aussi une expérience formatrice, car à part le gros oeuvre et les installations techniques, il a tout construit seul. "Le concept d'architecte-artisan me plaît beaucoup. Ma compagne et moi avons pris en charge les détails intérieurs et les finitions. Travailler avec mes mains autant que possible a fait de moi un meilleur concepteur, et amélioré mes connaissances constructives. Toutefois, la maison est restée abordable financièrement grâce aux matériaux choisis avec soin et souvent de récup'." Ainsi, les arbres que le propriétaire a dû abattre pour faire place à l'habitation, qui se fond au maximum dans la nature, ont été transformés en bois pour le coffrage des éléments en béton. "Une fois les éléments coulés, j'ai réutilisé ces planches comme sous-couche pour le revêtement de la façade en afzélia, que j'ai également réalisé moi-même. Il n'y a pratiquement pas eu de pertes", raconte le maître des lieux. Dans l'ensemble, les finitions brutes ont été privilégiées, à l'instar de la structure de poutres visible au plafond, du mobilier de cuisine en béton et en bois ou encore du canapé, constitué de pièces anciennes assemblées par David. Le style de cet intérieur va d'ailleurs dans le même sens que ses projets, simples et cohérents à la fois. L'authenticité de la maison vient aussi de sa localisation, en pleine végétation. "Notre logis au coeur des bois est un endroit où vivre et travailler, car nous y avons prévu un atelier pour David et moi. Nous avons remarqué une différence lorsque nous créons ici plutôt qu'en ville", se réjouit Annemie Lathouwers, également architecte et créatrice de la plate-forme en ligne blancooo. Cette mise au vert est renforcée par l'absence de limites avec les différents terrains voisins, ceux-ci étant également occupés par des membres de la famille. "En fait, nous vivons ici collectivement, mais nous avons chacun notre propre logement. Les jardins ne se chevauchent pas, mais ils se rejoignent dans les bois et c'est très agréable. Cela donne à chacun un espace de vie de qualité et plus abordable. Explorer la frontière entre le public et le privé dans notre vie quotidienne est fascinant", observe David. Pour ce projet en Campine, David D'Hulst a trouvé son inspiration dans l'oeuvre du Finlandais Alvar Aalto, pour qui l'architecture n'est jamais une frontière, mais plutôt une prolongation de la nature. L'homme cite également l'architecte mexicain Luis Barragán parmi ses références - "Au-delà de son utilisation des couleurs, c'est son travail des lumières et son choix pour la simplicité du mobilier en bois qui m'a attiré." Le créateur a également été guidé par le moderniste américain Louis Kahn et ses habitations privées en bois, comme la Fisher House. "Notre bâtiment empiète le moins possible sur la nature, précise le propriétaire. La forêt le traverse presque. Comme le sud se trouve coté façade avant et le nord côté jardin, nous avons placé la maison le plus loin possible sur la parcelle. Nous n'avons pas de terrasse à l'arrière et vu que la devanture est en recul par rapport à la rue, nous avons pu conserver des conifères à cet endroit. Ce jardin fait tampon avant la circulation et contribue également à la beauté des environs. Nous voulions avoir l'impression que la forêt entoure notre foyer." La végétation continue également à l'intérieur. Un jardin d'hiver exotique à deux étages, avec tortue et grenouilles, forme le coeur du plan. Au premier regard, l'habitation à trois étages semble grande. Mais lorsqu'on la visite, on remarque à quel point tout y est compact. Grâce à quelques idées astucieuses pour économiser l'espace, il s'agit plus d'une grande "tiny house" que d'une villa forestière. Par exemple, il n'y a pas de cage d'escalier ni de hall d'entrée. Dans une même optique, les chambres, la salle de bains et la cuisine ont délibérément des dimensions réduites, afin de générer un espace de vie le plus grand possible. "Avec les portes ouvertes, les chambres d'enfants font partie intégrante de celui-ci. Ces pièces ne sont utilisées que la nuit", raconte David D'Hulst. Dans cette recherche de polyvalence, les habitants ont également opté pour un daybed XXL, placé à l'étage et dont toute la famille profite. "Nous avons l'impression de camper dans les arbres", concluent nos hôtes.