Dior et Balenciaga, dialogue de maîtres

A Christian Dior evening dress on display during "Dior + Balenciaga: The Kings of Couture and Their Legacies" featuring fashions by the two most important couturiers of the mid-20th century at The Museum at FIT in New York city on May 31, 2022. (Photo by TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Un dialogue de maîtres, deux styles qui se chevauchent parfois et voulaient laisser derrière eux les ravages de la guerre: dans sa nouvelle exposition, le musée du Fashion Institute of Technology (MFIT) de New York fait dialoguer Dior et Balenciaga, couturiers phares du 20e siècle.

Christian Dior (1905-1957), né en Normandie, et Cristobal Balenciaga (1895-1972), originaire du Pays basque espagnol, n’avaient probablement guère de contacts entre eux, même s’ils avaient le même âge, 42 ans, quand ils ont lancé leur première collection, et même si ces deux Parisiens d’adoption ont participé l’un et l’autre à la relance française d’après-guerre.

Robe Christian Dior (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Mais « ils parlaient la même langue, vivaient à la même époque et avaient pratiquement la même clientèle », ils devaient donc s’assurer « qu’ils créaient des vêtements qui allaient plaire » à une population aisée en France et surtout aux États-Unis, explique à l’AFP Patricia Mears, commissaire de l’exposition « Dior Balenciaga: les rois de la couture et leurs héritages », ouverte depuis mercredi et jusqu’au 6 novembre au MFIT.

Duo

La clientèle avait « faim de beauté, de luxe et avait besoin d’oublier le traumatisme » de la guerre, explique Mme Mears, qui est également directrice adjointe du musée de cette prestigieuse université de la mode.

À travers une soixantaine de tenues, scrutées dans leur forme et dans leur excellence, l’exposition revisite le travail des deux monstres sacrés.

TIMOTHY A. CLARY / AFP

« Mon objectif n’est pas seulement de montrer le travail de ces deux créateurs, mais de les juxtaposer et de poser des questions: quelles sont les différences et les similitudes ? », explique Patricia Mears. 

Au premier coup d’œil, difficile de distinguer qui a dessiné cette robe ou ce costume. Les pièces sont donc exposées en duo, côte à côte, pour mettre au jour similarités et différences. Ainsi, les deux robes de soirée qui ouvrent l’exposition ont la même couleur beige, une texture identique en soie et un corsage ajusté qui se termine par une jupe volumineuse.

Robe du soir Cristobal Balenciaga et robe en soie brune et taffetas signée Christian Dior ( TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Dior y parvient avec une sorte de corset et obtient le volume avec plusieurs couches de tissu en dessous. Balenciaga, que Dior appelait « notre maître à tous », joue avec les fronces pour donner la forme désirée. Quand la première pièce pèse cinq kilos, celle du créateur basque n’en pèse qu’un.

Le travail de Dior était axé sur la sensualité et la finition, mais il a aussi modernisé les formes corsetées de la Belle Epoque.

Indices

Balenciaga, né dans un modeste village de pêcheurs du Pays basque, était lui, tout simplement considéré comme le plus grand couturier du monde. 

« Quand vous commencez à entraîner votre œil, vous commencez à trouver des indices subtils comme plus de structure chez Dior ou plus de fluidité par moments dans le travail de Balenciaga », explique la commissaire de l’exposition. 

Robes du soir Cristobal Balenciaga (Photo by TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Pour illustrer l’impact des deux maîtres, un tiers de l’exposition présente des créations d’autres couturiers qu’ils ont inspirés ou des directeurs artistiques successifs des maisons qu’ils ont fondées. Comme Yves Saint Laurent (1957-1960), John Galliano (1996-2011) Maria Grazia Chiuri (depuis 2016) chez Dior, ou Nicolas Ghesquière (1997-2012) chez Balenciaga. 

Des robes signées Givenchy, Cardin et Bohan
Des robes signées Givenchy, Cardin et Bohan
Robe Gianfranco Ferré (TIMOTHY A. CLARY / AFP)
Tailleurs Andre Courreges
Robe Hubert de Givenchy

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