Opinion

Fanny Bouvry

Edito | Deux-pièces à conviction

C’était en juillet dernier, lors du Championnat d’Europe de beach handball féminin. Faisant fi du règlement, les joueuses de l’équipe de Norvège renonçaient à la culotte de Bikini réglementaire pour enfiler un short plus couvrant. Résultat: une amende de 1 500 euros pour ces filles, pourtant soutenues par leur fédération nationale. Quelques mois plus tard, en novembre, les instances internationales de la discipline changeaient d’avis… et acceptaient enfin que ses compétitrices revêtent une tenue moins échancrée. Ce revirement dans les bonnes pratiques d’un sport peu connu comme celui-là peut paraître anecdotique. Mais il s’ajoute à la très longue liste des polémiques autour de ce petit bout de tissu, arboré par la moitié de l’humanité pour se baigner, et qui se révèle en réalité particulièrement symbolique des évolutions de notre société… et ce depuis l’Antiquité!

C’est le propos que défend la spécialiste de l’histoire de l’habillement Audrey Millet dans son nouveau livre Les dessous du maillot de bain (éditions Les Pérégrines). « Le maillot de bain est peut-être le vêtement ayant été le plus accusé de futilité, d’impudeur, de frivolité. Mais les conséquences de son avènement sont profondes: il a bouleversé le corps humain, habituellement glorifié dans des drapés, décoré, recouvert d’artifices, car la vérité biologique des formes, de la peau d’orange, du ventre qui pointe son nez, du poil aussi, s’expose enfin », écrit-elle en guise d’introduction. Et d’ajouter que cet élément du dressing estival « montre que la perfection n’existe pas (…) et est synonyme de libertés durement acquises, notamment celle du bonheur de se laisser caresser par les rayons du soleil ». C’est sûr, on ne regardera plus notre deux-pièces de la même façon, en le glissant dans la valise.

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