Ils se sont alors inventé d'autres circuits d'approvisionnement, n'ignorant pas qu'ils s'engageaient dans une voie étroite mais sans déroger à leur esthétique. Ils se sont parfois cru seuls contre tous - ils n'en ont tiré aucune fierté, si ce n'est celle d'être totalement cohérents avec ce que leur conscience et leurs tripes leur imposaient. Bien sûr, ils ont douté. Faute de moyens, pas d'inspiration. Il leur est même arrivé d'être laminé par le découragement, mais leur force vitale en partie modelée par leur jeunesse les a maintenus debout. Du reste, ils savent que c'est un travail de longue haleine et qu'il leur faudra imaginer des solutions, à chaque pas.

Le concept de durabilité émotionnelle est une belle invention.

Ils sont créateurs et écoresponsables, c'est naturel pour eux, ils n'ont pas eu besoin d'être poussés dans le dos par quiconque. Ni qu'on leur répète que 80 % de l'impact sur la nature d'un article se joue dès sa conception. La durabilité, la traçabilité, la transparence sont l'essence même de leur fonctionnement. Leur vestiaire combine donc l'upcycling, le regenerated, le vintage, la transformation, les fibres nouvelles, le cuir végan de nopal, les matériaux fabriqués à base de déchets d'usines de jus de pomme ou les napperons en crochet revisités en drapés audacieux. Ils n'oublient pas que tout cela a un coût, demande de la main-d'oeuvre et des jours de labeur. Or, dans une manufacture, le temps c'est de l'argent. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie, l'époque des couturiers démiurges en proie uniquement aux tourments créatifs n'a plus cours. Pour avoir monté leur projet, leur label, leur société, ils connaissent l'exigence des chiffres, des business models, des challenges, des remises en question.

Autrement dit : un vêtement auquel on s'attache un tant soit peu finira moins vite à la poubelle. Puis dans les océans, pour faire court.

Ils ne sont plus esseulés. Car tout l'écosystème est chahuté par le phénomène environnemental et ses acteurs principaux, même les grands groupes de luxe, sont désormais conscients de la nécessité de créer une mode plus honnête et raisonnée. A l'origine de la chaîne, les filateurs, les tisseurs, les tanneurs innovent et proposent des alternatives aux produits conventionnels. Et tout au bout de cette chaîne, le consommateur anonyme, le client lambda, également challengé, ne peut plus nier que la fast fashion a fait exploser les saisons, que la culture du jetable a tout pollué et que le concept de durabilité émotionnelle est une belle invention. Autrement dit : un vêtement auquel on s'attache un tant soit peu finira moins vite à la poubelle. Puis dans les océans, pour faire court.

L'idée infuse, jusque sur les red carpets reteints en green, où le véganisme et les fibres recyclées s'affichent et où certaines osent porter la robe qu'on leur avait déjà vue à la dernière ou à l'avant-dernière cérémonie, jouant les adeptes de ce mantra : " La tenue la plus durable est celle qui se trouve déjà dans votre garde-robe. " Les vêtements ont une âme.

Ils se sont alors inventé d'autres circuits d'approvisionnement, n'ignorant pas qu'ils s'engageaient dans une voie étroite mais sans déroger à leur esthétique. Ils se sont parfois cru seuls contre tous - ils n'en ont tiré aucune fierté, si ce n'est celle d'être totalement cohérents avec ce que leur conscience et leurs tripes leur imposaient. Bien sûr, ils ont douté. Faute de moyens, pas d'inspiration. Il leur est même arrivé d'être laminé par le découragement, mais leur force vitale en partie modelée par leur jeunesse les a maintenus debout. Du reste, ils savent que c'est un travail de longue haleine et qu'il leur faudra imaginer des solutions, à chaque pas. Ils sont créateurs et écoresponsables, c'est naturel pour eux, ils n'ont pas eu besoin d'être poussés dans le dos par quiconque. Ni qu'on leur répète que 80 % de l'impact sur la nature d'un article se joue dès sa conception. La durabilité, la traçabilité, la transparence sont l'essence même de leur fonctionnement. Leur vestiaire combine donc l'upcycling, le regenerated, le vintage, la transformation, les fibres nouvelles, le cuir végan de nopal, les matériaux fabriqués à base de déchets d'usines de jus de pomme ou les napperons en crochet revisités en drapés audacieux. Ils n'oublient pas que tout cela a un coût, demande de la main-d'oeuvre et des jours de labeur. Or, dans une manufacture, le temps c'est de l'argent. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie, l'époque des couturiers démiurges en proie uniquement aux tourments créatifs n'a plus cours. Pour avoir monté leur projet, leur label, leur société, ils connaissent l'exigence des chiffres, des business models, des challenges, des remises en question. Ils ne sont plus esseulés. Car tout l'écosystème est chahuté par le phénomène environnemental et ses acteurs principaux, même les grands groupes de luxe, sont désormais conscients de la nécessité de créer une mode plus honnête et raisonnée. A l'origine de la chaîne, les filateurs, les tisseurs, les tanneurs innovent et proposent des alternatives aux produits conventionnels. Et tout au bout de cette chaîne, le consommateur anonyme, le client lambda, également challengé, ne peut plus nier que la fast fashion a fait exploser les saisons, que la culture du jetable a tout pollué et que le concept de durabilité émotionnelle est une belle invention. Autrement dit : un vêtement auquel on s'attache un tant soit peu finira moins vite à la poubelle. Puis dans les océans, pour faire court. L'idée infuse, jusque sur les red carpets reteints en green, où le véganisme et les fibres recyclées s'affichent et où certaines osent porter la robe qu'on leur avait déjà vue à la dernière ou à l'avant-dernière cérémonie, jouant les adeptes de ce mantra : " La tenue la plus durable est celle qui se trouve déjà dans votre garde-robe. " Les vêtements ont une âme.