Ce qui a commencé comme une simple doudoune fonctionnelle quittant les pistes de ski pour débarquer sur les catwalks se mue aujourd'hui en une avalanche de pièces modeuses, à laquelle les températures estivales ne changeront rien. Ce printemps, les promenades sous lockdown se feront bottines Pillow Confort Louis Vuitton aux pieds et cape en duvet Fendi sur les épaules. Gucci, pour sa part, propose des vestes et jupes en collaboration avec The North Face qui s'inspirent des créations du label outdoor des années 70, et Christian Wijnants sort cet hiver des écharpes, vestes et sacs rembourrés.
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Ce qui a commencé comme une simple doudoune fonctionnelle quittant les pistes de ski pour débarquer sur les catwalks se mue aujourd'hui en une avalanche de pièces modeuses, à laquelle les températures estivales ne changeront rien. Ce printemps, les promenades sous lockdown se feront bottines Pillow Confort Louis Vuitton aux pieds et cape en duvet Fendi sur les épaules. Gucci, pour sa part, propose des vestes et jupes en collaboration avec The North Face qui s'inspirent des créations du label outdoor des années 70, et Christian Wijnants sort cet hiver des écharpes, vestes et sacs rembourrés. Ce désir de douceur représente plus qu'une simple tendance passagère. La veste bonhomme Michelin cartonne depuis plusieurs saisons déjà, dans le sillage du phénomène Gorpcore, grâce auquel les vêtements d'extérieur ne sont plus réservés aux randonnées en montagne et en forêt. Aujourd'hui, tout le monde ou presque est tombé sous le charme de la doudoune, l'univers design y compris. Ainsi, Muller Van Severen a imaginé le Pillow Sofa à partir des sacs homonymes de Kassl Editions et la Britannique Faye Toogood a dessiné une Puffy Chair pour le studio danois Hem. Hilde Francq, spécialiste des tendances, attribue cette omniprésence du confort aux grands thèmes sociaux, qui existent depuis quelques années, mais qui se sont vus renforcés par la pandémie. Déjà avant que cette dernière ne vienne tout bouleverser, la Belge expliquait que les jeunes, surtout, se sentaient menacés : "Ils ont l'impression de n'avoir aucun contrôle sur leur vie et se concentrent alors sur des choses qu'ils peuvent maîtriser, comme manger sainement, faire du sport ou prêter attention à leur moral. Dans la mode, ce phénomène se traduit par une préférence pour les pièces tactiles, réconfortantes. Aujourd'hui, notre santé est encore plus fragilisée par la Covid, l'économie bat de l'aile, le réchauffement climatique, lui, n'a pas pris de pause... Tous ces facteurs négatifs font que nous avons besoin de nous sentir protégés. Dans notre rapport des tendances de l'hiver passé, nous utilisions la métaphore de la grotte : nous voulons conserver l'extérieur de notre habitation brut, comme une carapace, pour que les menaces restent dehors. A l'intérieur, nous misons par contre sur le confort comme forme de protection : nous voulons nous sentir dorlotés.""Les doudounes, sous toutes leurs formes, sont à la mode depuis longtemps déjà, mais l'utilisation des mêmes matériaux pour des accessoires et des objets de décoration d'intérieur est plus récente", constate l'experte. D'autres matières douillettes remportent aussi un franc succès : "Les confinements accentuent notre quête de sécurité et de confort : nous voulons un intérieur chaleureux, avec des matériaux cosy et énormément de douceur. De plus, nous ne portons pas d'escarpins à la maison, mais plutôt des tenues décontractées et duveteuses. Voyez par exemple la vaste gamme de homewear en laine et maille proposée par Zara. Cette tendance résulte d'un réflexe primaire : la recherche de sécurité et de protection."