"Il y a de la fête dans l'air", a déclaré Miuccia Prada. Son show, une fois de plus organisé main dans la main avec Raf Simons, fut certainement l'un des plus forts de la saison, avec une collection contemporaine, une explosion de couleurs et un décor plein de peluches et de marbre - un vrai régal pour les yeux. Sans parler de la bande-son, créée pour l'occasion par Richie Hawtin. A la fin de la vidéo, on pouvait observer quelques mannequins danser sous la lumière des stroboscopes, comme dans une boîte de nuit. Paillettes et manteaux en fausse fourrure étaient de la partie. C'était les "Années folles" que l'on nous promet depuis si longtemps, et elles étaient tout aussi hédonistes qu'il y a cent ans. Après son défilé Homme, en janvier, Miuccia Prada avait pourtant prévenu: le moment n'était pas propice à l'exubérance. Aujourd'hui, elle semble avoir changé d'avis: "Quelque chose grandit, très lentement, petit à petit. Je ressens une certaine excitation, un optimisme croissant", expliquait la créatrice via Zoom après sa présentation. Et Raf Simons d'ajouter: "Ce qui grandit, c'est le désir de mouvement, d'action, d'une nouvelle énergie. Nous espérons tous que les choses s'amélioreront bientôt. Espérons que ce sera au plus tard à la fin de l'année, lorsque cette collection sera en magasin."
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"Il y a de la fête dans l'air", a déclaré Miuccia Prada. Son show, une fois de plus organisé main dans la main avec Raf Simons, fut certainement l'un des plus forts de la saison, avec une collection contemporaine, une explosion de couleurs et un décor plein de peluches et de marbre - un vrai régal pour les yeux. Sans parler de la bande-son, créée pour l'occasion par Richie Hawtin. A la fin de la vidéo, on pouvait observer quelques mannequins danser sous la lumière des stroboscopes, comme dans une boîte de nuit. Paillettes et manteaux en fausse fourrure étaient de la partie. C'était les "Années folles" que l'on nous promet depuis si longtemps, et elles étaient tout aussi hédonistes qu'il y a cent ans. Après son défilé Homme, en janvier, Miuccia Prada avait pourtant prévenu: le moment n'était pas propice à l'exubérance. Aujourd'hui, elle semble avoir changé d'avis: "Quelque chose grandit, très lentement, petit à petit. Je ressens une certaine excitation, un optimisme croissant", expliquait la créatrice via Zoom après sa présentation. Et Raf Simons d'ajouter: "Ce qui grandit, c'est le désir de mouvement, d'action, d'une nouvelle énergie. Nous espérons tous que les choses s'amélioreront bientôt. Espérons que ce sera au plus tard à la fin de l'année, lorsque cette collection sera en magasin." D'autres créateurs ont aussi exprimé ce besoin de bouger, en axant leur défilé sur la danse, comme chez Dries Van Noten (sur la scène du deSingel), chez Dior (dans la galerie des glaces à Versailles), mais aussi chez Lanvin (dans un hôtel de luxe, avec, comme invité, le rappeur Eve). Quant à Chanel, la marque a troqué le Grand Palais monumental pour le Castel, un club de nuit claustrophobique, lieu de prédilection de la jet-set depuis 1962. En résulte une toute nouvelle vision de la griffe. Chez Balmain enfin, les tops ont déambulé sur les ailes d'un jet d'Air France: une autre manière d'exprimer le désir de liberté. Dans son ensemble, le secteur semblait ainsi voir parfois la vie à travers des lunettes roses. Sans pour autant sombrer dans l'overdose de paillettes, le noir et le beige gardant leur place au dressing... A Paris, deux "débutants" étaient par ailleurs sous le feu des projecteurs. Chez Chloé, Gabriela Hearst a filmé ses filles, by night, dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, dans le coin du Castel. Le premier mannequin sortait du café Lipp, là où la fondatrice de Chloé, Gaby Aghion, défilait dans les années 50. Ainsi la créatrice actuelle a fait un lien direct avec l'histoire de la maison. Tout pile le jour du centième anniversaire de Gaby Aghion, c'était bien joué. Le vestiaire proposé revendiquait une approche durable: ni polyester ni viscose, mais bien du denim et du cachemire recyclés, ainsi qu'un sac à main tiré tout droit des archives, le modèle Edith, retravaillé à partir de surplus de tissus d'anciennes collections. L'autre nouveau venu était le Belge Nicolas Di Felice, désormais à la tête de Courrèges. Et ses débuts furent assez spectaculaires, avec des tops marchant autour d'un cube blanc minimaliste, positionné quelque part non loin du périphérique. Dans sa collection, le créateur a adapté l'héritage moderniste des années 60 de la marque aux tendances de 2021. De précédentes tentatives de sauver le label ont échoué. Croisons les doigts pour que celle-ci soit la bonne. De manière générale, les défilés les plus convaincants de cette saison ont été les plus intimistes et personnels, où l'on pouvait se sentir vraiment impliqué et touché en tant que spectateur. Le duo bruxellois derrière Ester Manas a invité seize femmes à parler du concept de sororité. Pas des mannequins, mais bien seize personnes très différentes et authentiques, dont Anne-Françoise Moyson, rédactrice mode au Vif Weekend. Dans les tableaux de Marine Serre, on pouvait observer des personnes accomplissant des actions du quotidien. Lamine Kouyaté de Xüly.BET, quant à lui, a parlé des enfants de la banlieue parisienne d'Ivry-sur-Seine, où est situé son bureau. Mais aussi de sa mère, et des bonbons dans les boîtes Quality Street. Quant à Vivienne Westwood, elle a chanté une version bancale de The White Cliffs of Dover - un morceau datant de 1941, l'année de sa naissance. "Il y aura de la joie et des rires / Et la paix pour toujours / Demain, quand le monde sera libre." Avec cette chanson, Vivienne Westwood a rejoint les paroles de Miuccia Prada à Milan.