La mode homme ne sait plus sur quel pied danser: elle que l'on disait capable, il y a quelques saisons à peine encore, de tirer à elle seule le secteur du marasme conjoncturel ambiant, n'en finit plus aujourd'hui de redéfinir ses basiques. Alors que de plus en plus de défilés font aujourd'hui le pari de la mixité, les créateurs qui ont désormais pris le pouvoir dans les lignes masculines comme Virgil Abloh chez Louis Vuitton et Off-White, Demna Gvasalia chez Balenciaga et Vetements, Kim Jones chez Dior Homme et Alessandro Sartori chez Zegna ont fait du bon vieux costume "classique" une relique d'un autre siècle.
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La mode homme ne sait plus sur quel pied danser: elle que l'on disait capable, il y a quelques saisons à peine encore, de tirer à elle seule le secteur du marasme conjoncturel ambiant, n'en finit plus aujourd'hui de redéfinir ses basiques. Alors que de plus en plus de défilés font aujourd'hui le pari de la mixité, les créateurs qui ont désormais pris le pouvoir dans les lignes masculines comme Virgil Abloh chez Louis Vuitton et Off-White, Demna Gvasalia chez Balenciaga et Vetements, Kim Jones chez Dior Homme et Alessandro Sartori chez Zegna ont fait du bon vieux costume "classique" une relique d'un autre siècle. Il n'en fallait pas plus pour pousser Loïc Prigent à repartir, caméra à l'épaule, à l'assaut des coulisses des défilés de la Fashion Week Homme de Paris, en janvier dernier. Avec en ouverture de ce nouveau documentaire intitulé "Des hommes stylés", la question dont tout homme un brin sensé rêverait de connaître la réponse: "qu'est-ce qui est sexy chez un homme aujourd'hui". A en croire le mannequin Cindy Crawford, mais aussi le créateur star Jonathan W. Anderson ou le photographe Pierre-Ange Carlotti, pas besoin de chercher midi à quatorze heure: un simple tee-shirt blanc suffirait... à condition d'avoir le physique de l'emploi. Cette visite guidée du vestiaire masculin se poursuit chez Dior sensé, d'après Karl Lagerfeld, "faire les meilleurs costumes du monde" pour ensuite explorer les étapes de la construction d'un complet chez Berluti où l'on fait la connaissance d'Alfred, en charge du montage des manches.. depuis l'âge de 10 ans! Maniaquerie des finitions, frime à l'italienne, matières souples permettant toutes les acrobaties, veste moirée en soie... : les hommes ont désormais à leur disposition un arsenal d'options pour améliorer l'ordinaire. Si le T-shirt blanc de James Dean garde ses adeptes, d'autres garçons se montrent plus baroques. Perpétuant la tradition bling-bling d'un Louis XIV enrubanné ou des maharadjahs, les obsédés de la flamboyance en mettent plein la vue avec leurs tuniques Balmain couvertes de perles, tandis que les footballeurs ont parfois la basket rutilante. "Neymar m'évoque un fantassin de François Ier, s'amuse Loïc Prigent. Avec leurs jeans déchirés, leurs bagues et leurs montres trop lourdes, les footballeurs définissent une nouvelle aristocratie, qui prône des valeurs de richesse et d'hédonisme tout en se voulant vertueuse. Pour moi, l'icône masculine 2018 reste sans conteste David Beckham ! Tous les hétérosexuels en sont amoureux. C'est un dieu qui exhale des valeurs de bonté, d'humilité et de fidélité. Et fertile, de surcroît ! C'est le nouveau Marlon Brando, mais plus indépendant que rebelle. Et si Brando reste indissociable du jean, Beckham, lui, se distingue par le tatouage qui dépasse de son col de chemise. Dans une société normée, voilà l'ultime espace d'expression libre. L'accessoire du moment..."En plein traumatisme post Weinstein, ce sont tous les codes traditionnels de la virilité, de la masculinité qui sont aussi profondément bouleversés dans une société avide d'enfin s'affranchir du poids du patriarcat. Un courant qui se traduit sur les podiums par l'émergence d'une mode dite "no gender" qui autorise à nouveau les hommes à faire preuve d'extravagance après deux siècles de rigueur dans le dressing. On laissera d'ailleurs à Victoria Beckham le mot de la fin. A la question de savoir quelle qualité serait la plus importance chez un homme, Posh répondra: "la confiance en soi, mais pas l'arrogance". Difficile sur ce point de lui donner tort.La suite à découvrir à l'écran ce dimanche 8 juillet à 22h30 sur Arte en replay pendant les 60 jours suivants.