Écriture

Elle a cette voix douce qui tranche avec les tourments de ses héros. Si être actrice correspond à un besoin de se perdre, l'écriture lui est vitale "pour me reconnecter à mes racines profondes". Anne Brochet retrouve cette sensation corporelle au théâtre (à l'affiche de Architecture), mais "l'écriture la complète car elle est mon exutoire".

Silence

Il souffle constamment sur les braises de cet amour. "N'étant pas bavarde, il correspond à mon rythme intérieur." Idem avec la solitude, qui ronge le coeur du duo décrit. Ils n'ont pas de noms, juste des émotions noyées par les malentendus, "qui font partie de l'amour. L'homme et la femme ne trouvent pas le sens de leur vie. Ils ne savent pas quoi faire de leur peau." Elle l'attend à la maison, il la fuit en sauvant d'autres que lui.

Mystère

"Il y a toujours quelque chose de l'autre qu'on n'atteindra jamais. Aussi faut-il préserver son jardin secret." Ici, on assiste à un amour inconditionnel, où "la femme veut entièrement appartenir à cet homme". Une situation inspirée par l'artiste Sophie Calle. "Elle suit un homme pour se débarrasser de sa propre vie." Mais lui, souffre d'une autre perte d'identité: la bipolarité.

Libération

Voici "le charme inverse de la Belle au Bois dormant. Cet amour légendaire ne se vit qu'une fois, mais on y perd l'enfance, l'insouciance. Les femmes d'aujourd'hui n'acceptent plus un tel don de soi." L'actrice doit répondre aux désirs de l'autre, mais Anne Brochet préfère désormais se consacrer aux siens. Elle finit un nouveau roman et envisage un seul-en-scène. "Artiste, j'ai la chance d'avoir des vies multiples."

La fille et le rouge, par Anne Brochet, Grasset, 250 pages.