Amour

" La vie à deux, c'est mieux. " Avec Simon Liberati, ils forment le couple littéraire le plus glamour de Paris. Impossible de les louper dans une soirée, d'autant qu'ils sortent leurs romans simultanément. " J'ai aimé son portrait de moi, en femme-enfant, dans Eva, car j'y vois une promesse de vie, d'amour, d'écriture et de partage. Après avoir été une bête de foire, à cause des photos de ma mère, je peux enfin renaître. " Son pro...

" La vie à deux, c'est mieux. " Avec Simon Liberati, ils forment le couple littéraire le plus glamour de Paris. Impossible de les louper dans une soirée, d'autant qu'ils sortent leurs romans simultanément. " J'ai aimé son portrait de moi, en femme-enfant, dans Eva, car j'y vois une promesse de vie, d'amour, d'écriture et de partage. Après avoir été une bête de foire, à cause des photos de ma mère, je peux enfin renaître. " Son prochain film ? Une histoire d'amour, avec son fils et Isabelle Huppert.Oscillant " entre Dickens et Lolita ", Eva Ionesco a connu une double blessure. L'absence de son père adoré, dont sa mère l'a privée. " Je regrette de ne pas l'avoir connu davantage. " Seule sa grand-mère la sauve du naufrage. " Nostalgique, je rêve qu'elle est toujours en vie. " Cette femme bienveillante croyait qu'elle évoluait dans un monde artistique, mais elle n'imaginait pas ce qui se passait dans " la chambre noire ".Eva étouffe dans la relation " mère-fille-photographie ". Irina Ionesco a fait poser son enfant, en l'érotisant à outrance. L'auteure se bat toujours pour récupérer les négatifs de sa nudité volée. Malgré ce traumatisme, elle cultive sa féminité et sa " joyeuse innocence. J'ai du mal à me voir dans un miroir, mais j'aime la coquetterie sophistiquée ". Il suffit pourtant d'un rien pour la fragiliser." L'écriture fait ressortir des choses lointaines et insoupçonnées... " Pour composer ce premier roman touchant, cette funambule s'est mise à hauteur d'enfant. " Toutes mes voix intérieures se sont tues " pour donner la parole à la petite fille enragée. " Ma mère m'a calcinée, or avec ce livre, j'ai pu m'affranchir et passer à l'âge adulte. "Modèle, comédienne ou réalisatrice (My Little Princess, 2011), Eva Ionesco multiplie les vies et les visages. A l'image de Paris, dont elle apprécie les contrastes, allant des quartiers populaires à Saint-Germain-des-Près. " Je suis très branchée mode, surtout Margiela ", qui signe sa combinaison-pantalon noire. Elle a grandi entre Pigalle et Barbès, " où vivaient les strip-teaseuses et les truands ". Mais une ogresse la guettait : sa mère.