Nous sommes actuellement dans l'ère post-#MeToo. Était-ce le moment adéquat de sortir Woman?

Y.A.-B. : Évidemment, comme il s'agit d'une grosse production, nous avions commencé le tournage avant que l'affaire Weinstein n'éclate au grand jour. Et, lors des différentes interviews, ce qui m'a le plus interpellé c'est le fait que les femmes étaient prêtes à prendre la parole. Nous pouvions sentir que, pendant des décennies, elles avaient gardé le silence. Puis, l'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo sont arrivés... Ce qui ne nous a pas étonné du tout ! Nous savions que c'était dans l'air.

A.M. : Lorsque nous avons lancé le projet, les gens nous disaient : "C'est super de faire un film sur les Femmes". Et nous voyons que cet enthousiasme est toujours d'actualité aujourd'hui. Il y a un changement profond de la société et j'espère de tout coeur que Woman y participera.

Woman, Hope Production
Woman © Hope Production
Woman, Hope Production
Woman © Hope Production
Woman, Hope Production
Woman © Hope Production

Elle représente, à elle seule, la résilience des femmes. Je pense d'ailleurs que les hommes n'ont pas cette force-là

Avez-vous fait une rencontre marquante pendant le tournage ?

A.M. : Je pense d'emblée à une histoire, une rencontre forte : celle de Norma Bastidas. Il s'agit d'une des premières interviews du film. Cette femme forte, extrêmement belle, vêtue de blanc s'avance vers nous et nous raconte son histoire. Petite, elle doit s'occuper de son grand-père atteint d'une maladie dégénérative qui le rend malvoyant. Mais, durant toute son enfance, celui-ci abuse d'elle. À 17 ans, elle saisit l'opportunité de s'échapper de son quotidien, de sortir de cette vie et elle devient mannequin au Japon. Malheureusement, elle se retrouve au milieu d'un abominable trafic sexuel. Elle est exploitée, ses papiers lui sont confisqués et, pour les récupérer, elle doit se prostituer. Lorsqu'elle réussit enfin à quitter ce trafic sexuel, elle s'installe au Canada, rencontre un homme et tombe enceinte. Quelques années après la naissance de son enfant, elle apprend que celui-ci est atteint de la même maladie que son grand-père. C'en est trop pour elle et elle se met à boire. Un soir, alors qu'elle cherche une bouteille chez elle, elle pense à son fils. Elle décide donc de saisir une paire de baskets et d'aller courir. Finalement, à force de repousser ses limites, elle triple le record du plus long triathlon du monde et entre, en 2014, dans le Guinness Book des records.

Y.A.-B. : Elle représente, à elle seule, la résilience des femmes. Je pense d'ailleurs que les hommes n'ont pas cette force-là.

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2018 was great but many times challenging. My training mostly was long, time consuming and boring. Many days I doubted myself, my ability. Some days I had trouble covering 20 miles but this is why I am celebrating, it’s not about not struggling or things coming easy, it’s about persisting. Personally I had to overcome many challenges, being up on stage reliving my worst memories meant waking up some mornings to a bottle of whisky and threats from a pissed off family member, to sitting in my car desperately wanting to drive away but what matter is that I persisted, I decided that I am stronger than my biggest fear. I got this, we got this. 2018 fue un buen año pero también fue un año con obstáculos. Mi entrenamiento muchos días fue largo y aburrido. Hubo días en que dude de mi y de mi habilidad. Al principio fue difícil cubrir 30 kilómetros pero es por eso que estoy celebrando hoy, porque a pesar de todo eso seguí adelante. Y eso es importante, no es que se fácil sino el persistir a pesar de las dificultades. Personalmente también hubo días difíciles, como activista muchas veces tengo que revivir mis historia más dolorosa, a veces desperté con una botella de whiskey y amenazas de un miembro de la familia enojado por haber roto el silencio. La tentación de empacar mis maletas y desaparecer, lo que importa es que persistí. Soy más fuerte que mis i seguridades y miedos. Si podemos. . . . . . . . . #happynewyear #persisting #wegotthis #endurance #training #fitness #fit #endurance #2019 #arcticcircle #yukonarcticultra #mmiwg #raisingawareness #stolensisters #niunamas

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Woman est un film à but non lucratif soutenu par des ONG du monde entier...

Y.A.-B. : Tout à fait ! Et pour leur rendre leur admirable travail, nous allons proposer - en plus des sorties classiques en salle -, des projections gratuites en partenariat avec elles.

A.M. : Nous voulons à tout prix créer une boucle vertueuse. Donc, en plus des projections gratuites, nous avons créé l'association Woman(s) (Women on media and news - school) dont la principale mission sera de former des femmes et des jeunes filles du monde entier aux métiers des médias. Comme le film a été financé par des grands groupes - comme PNB Paribas, LVMH, Total... -, nous pouvions faire ce que nous voulions des bénéfices nets. Du coup, nous les reversons intégralement à l'association.

Woman, Hope Production
Woman © Hope Production
Woman, Hope Production
Woman © Hope Production
Woman, Hope Production
Woman © Hope Production
Nous sommes actuellement dans l'ère post-#MeToo. Était-ce le moment adéquat de sortir Woman?Y.A.-B. : Évidemment, comme il s'agit d'une grosse production, nous avions commencé le tournage avant que l'affaire Weinstein n'éclate au grand jour. Et, lors des différentes interviews, ce qui m'a le plus interpellé c'est le fait que les femmes étaient prêtes à prendre la parole. Nous pouvions sentir que, pendant des décennies, elles avaient gardé le silence. Puis, l'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo sont arrivés... Ce qui ne nous a pas étonné du tout ! Nous savions que c'était dans l'air.A.M. : Lorsque nous avons lancé le projet, les gens nous disaient : "C'est super de faire un film sur les Femmes". Et nous voyons que cet enthousiasme est toujours d'actualité aujourd'hui. Il y a un changement profond de la société et j'espère de tout coeur que Woman y participera.Avez-vous fait une rencontre marquante pendant le tournage ?A.M. : Je pense d'emblée à une histoire, une rencontre forte : celle de Norma Bastidas. Il s'agit d'une des premières interviews du film. Cette femme forte, extrêmement belle, vêtue de blanc s'avance vers nous et nous raconte son histoire. Petite, elle doit s'occuper de son grand-père atteint d'une maladie dégénérative qui le rend malvoyant. Mais, durant toute son enfance, celui-ci abuse d'elle. À 17 ans, elle saisit l'opportunité de s'échapper de son quotidien, de sortir de cette vie et elle devient mannequin au Japon. Malheureusement, elle se retrouve au milieu d'un abominable trafic sexuel. Elle est exploitée, ses papiers lui sont confisqués et, pour les récupérer, elle doit se prostituer. Lorsqu'elle réussit enfin à quitter ce trafic sexuel, elle s'installe au Canada, rencontre un homme et tombe enceinte. Quelques années après la naissance de son enfant, elle apprend que celui-ci est atteint de la même maladie que son grand-père. C'en est trop pour elle et elle se met à boire. Un soir, alors qu'elle cherche une bouteille chez elle, elle pense à son fils. Elle décide donc de saisir une paire de baskets et d'aller courir. Finalement, à force de repousser ses limites, elle triple le record du plus long triathlon du monde et entre, en 2014, dans le Guinness Book des records.Y.A.-B. : Elle représente, à elle seule, la résilience des femmes. Je pense d'ailleurs que les hommes n'ont pas cette force-là.Woman est un film à but non lucratif soutenu par des ONG du monde entier...Y.A.-B. : Tout à fait ! Et pour leur rendre leur admirable travail, nous allons proposer - en plus des sorties classiques en salle -, des projections gratuites en partenariat avec elles.A.M. : Nous voulons à tout prix créer une boucle vertueuse. Donc, en plus des projections gratuites, nous avons créé l'association Woman(s) (Women on media and news - school) dont la principale mission sera de former des femmes et des jeunes filles du monde entier aux métiers des médias. Comme le film a été financé par des grands groupes - comme PNB Paribas, LVMH, Total... -, nous pouvions faire ce que nous voulions des bénéfices nets. Du coup, nous les reversons intégralement à l'association.