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J'avoue tout, chers lecteurs, la mine basse : j'ai beau voter Ecolo, je pollue et gaspille de manière éhontée. Mon empreinte carbone équivaut au moins à celle d'un petit pays d'Asie. Même si j'aime la nature, je crois que si je le pouvais, je prendrais ma voiture pour descendre mes poubelles... non triées. Puis dans mon appart' surchauffé, j'oublie tout le temps les lumières, et la télé, cela va de soi. Je n'en suis pas fière, je mériterais que toute une famille d'ours polaires vienne un jour pour me hanter. Heureusement, j'ai des copines branchées vélo, bio, local, qui récemment se sont lancées dans un programme zéro déchet. Et, étrangement, j'ai eu envie de participer. Vous allez rire mais c'est mon déménagement, au troisième étage sans ascenseur, qui m'a permis de me rendre compte que je jetais trop : deux, voire trois allers-retours les mains pleines dans ces put... d'escaliers, rien de tel pour vous faire prendre conscience de la quantité d'ordures à évacuer. L'essentiel de la démarche consiste d'abord à se nourrir autrement, à renoncer aux plaisirs faciles, industriels et suremballés, pour les remplacer par d'autres plus simples, authentiques et conscients. Un exemple : les céréales, dont mon fils et moi raffolons, au petit dej' ou au goûter, parfois même en guise de dessert, un gros bol de Choco machins. A quasi deux boîtes par semaine, ça en fait du plastique et du carton. Mais j'ai découvert des magasins bio où l'on peut se procurer des flocons d'avoine en vrac, il suffit d'apporter son propre contenant. Et de discuter avec les vendeurs, pour glaner un tas de conseils afin de rendre le tout moins austère. Bien que très contraignant au début, ce mode de vie nous entraîne immanquablement dans un cercle vertueux. On cuisine soi-même, réutilise les épluchures des légumes, réduit sa consommation de viande ou mange de saison. On part en quête de trucs et astuces malins et surprenants, pour s'apercevoir que c'est plus facile que l'on pense. Le secret d'une consommation raisonnable réside sans doute dans la planification. Le dimanche, prévoir les repas pour la semaine et acheter en fonction, au marché, notamment. Et noter, aussi, ce que l'on jette, histoire de constater ses progrès. Ce programme de quelques jours ne m'a évidemment pas transformée, il y a beaucoup de choses sur lesquelles je n'arrive pas à faire une croix, ou pour lesquelles je continue à me dire que " je n'ai pas le temps " ou que " ça coûte trop cher ". Je tente toutefois d'appliquer les petites recommandations les moins rédhibitoires, en gardant à l'esprit les quatre grands " R " : refuser, réduire, réutiliser, recycler. 30 jours sans boire, sans râler, pourquoi pas sans rien jeter ?