2020 m'a fait comprendre que j'étais, plus que jamais, un être de relations. L'isolement du confinement a été un révélateur de mon mode de fonctionnement. J'ai besoin des autres, d'interactions pour me nourrir. Cela m'a permis de reprendre conscience de la profondeur des liens que j'ai avec ma famille et de l'importance des gens qui m'entourent. Dans le contexte actuel, comme beaucoup de gens, je souffre de ce manque d'échanges, j'ai l'impression de me vider petit à petit de toute substance.
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2020 m'a fait comprendre que j'étais, plus que jamais, un être de relations. L'isolement du confinement a été un révélateur de mon mode de fonctionnement. J'ai besoin des autres, d'interactions pour me nourrir. Cela m'a permis de reprendre conscience de la profondeur des liens que j'ai avec ma famille et de l'importance des gens qui m'entourent. Dans le contexte actuel, comme beaucoup de gens, je souffre de ce manque d'échanges, j'ai l'impression de me vider petit à petit de toute substance. Cocréer, coconstruire, collaborer, c'est mon ADN. Même si j'ai régulièrement besoin de m'isoler et de travailler seule sur certains projets, j'ai tout autant besoin d'être entourée: j'adore le challenge mental et la stimulation intellectuelle qu'apporte la "confrontation" avec l'autre. Si un jour je crée une structure autour du son et de la voix, mon rêve serait une "cogestion" plutôt qu'une seule tête directrice. Je trouve ça mille fois plus riche de partager, d'échanger et donc de construire ensemble. Rien ne remplace l'émulation qui naît de l'échange avec l'autre, du partage. Ouvrir la porte de la compréhension du journalisme constructif était un des challenges de New6s. Dès le départ, nous avons été confrontés aux préjugés: "le journal des bonnes nouvelles", "l'info positive", "l'info Bisounours", etc. Il a fallu expliquer le concept à des journalistes parfois sceptiques. Il y a eu parfois un manque d'écoute, de compréhension, mais j'ai l'impression qu'on a fait un grand pas par rapport à l'année dernière. On avance! Les médias montrent aujourd'hui un vrai intérêt pour le journalisme constructif. De notre côté, on a affiné notre communication, on est plus précis. A nous de travailler encore mieux et d'être plus concrets dans les pratiques qu'on invite à suivre. Faire du journalisme constructif, c'est un choix. Pour un média ou une rédaction, cela demande des moyens, du temps, des équipes - or, le temps et l'argent, ce n'est pas forcément ce qui court les rues dans les rédactions aujourd'hui. Je suis convaincue que c'est aussi aux responsables, aux patrons de médias, de prendre cette responsabilité - il y a déjà beaucoup de journalistes qui, à titre individuel, s'inscrivent dans la démarche. Quelle que soit la ligne éditoriale ou politique du magazine, on peut être constructif. Les médias ont la responsabilité de bien informer, le public a celle de choisir comment s'informer. Il y a également une responsabilité politique, celle de faire de l'éducation aux médias. Nous vivons actuellement une crise de confiance, qu'il faut rétablir de toute urgence. Les groupes de presse doivent relever de nombreux défis, notamment ceux que posent les réseaux sociaux avec une parole du public libérée et décomplexée, et où chacun peut devenir "producteur d'info"; c'est compliqué. Cela a eu des conséquences perverses sur toute l'information, tout le monde estime "avoir le droit de" et cela entraîne des dérives. Public, médias, journalistes, il faut maintenir une vigilance de toute part. Il paraît souvent plus facile de comprendre pourquoi quelque chose ne fonctionne pas, plutôt que de comprendre pourquoi elle fonctionne. C'est une nuance essentielle dans la perception du monde qui nous entoure et ça ne change rien au caractère informatif. Au lieu de prendre le pli négatif et de pointer les raisons d'un échec et le "pourquoi ça n'a pas marché", on peut aussi tenter de comprendre les raisons d'un succès et proposer ainsi des éléments "inspirants". C'est une des manières d'être constructif. Ce n'est pas valable uniquement pour les médias, il y a vraiment quelque chose de relatif à l'humain là-dedans. C'est un état d'esprit, un réflexe qui, si on parvient à le faire évoluer, peut entraîner beaucoup d'autres changements - et les médias constituent des prismes intéressants pour faire passer cette transformation. J'ai pris conscience du côté anxiogène de l'information quand j'ai arrêté de regarder le JT. Avant d'être journaliste, je suis d'abord un être humain, contaminée aussi par l'anxiété véhiculée par les infos. C'est comme ça qu'a germé ma prise de conscience personnelle. J'ai arrêté de m'informer via le journal télévisé et j'ai privilégié d'autres sources et d'autres médias. Je n'ai jamais été fan de hot news. J'ai besoin de temps pour comprendre, pour décoder, expliquer. Mon conseil pour sortir de la surinformation, c'est de bien choisir et diversifier ses sources d'informations.