On avait adoré - au point de le relire à peine terminé - Les sentiments du prince Charles, (2016) mais aussi L'origine du monde (2016) en passant par Grandeur et décadence (2017), dans lequel elle sortait de son champ de prédilection, le carcan de la condition féminine, pour s'attaquer aux ressorts du capitalisme.

À travers le premier, elle se penchait sur les relations amoureuses et les rapports dans le couple à travers l'histoire, la socio ou des exemples de personnalités célèbres et peu reluisantes (poursuivant cette réflexion deux ans plus tard dans I'm every woman en 2018 et La rose la plus rouge s'épanouit en 2019) -, tandis que dans le deuxième, elle décortiquait le sexe féminin et la répression subie durant des siècles.

Avec Dans le palais des miroirs, sorti en librairie fin 2021, elle signe un nouvel essai, cette fois-ci sur la question de notre rapport à notre propre image - omniprésente dans la société contemporaine, réseaux sociaux et smartphone obligent - , mais aussi à la beauté physique et même à la célébrité.

Comme à son habitude, le propos est rigoureux et scientifiquement documenté: partant de cas ancrés dans la culture populaire, Kim Kardashian, Kylie Jenner ou encore Sissi (oui Sissi, l'impératrice), elle explore le rapport complexe que nous entretenons depuis des siècles avec l'apparence physique, la nôtre et celle des autres, mais aussi avec son flétrissement. Une relation faite de fascination et de répulsion, mais surtout construite socialement. Comme dans ses précédentes bandes dessinées, Liv Strömquist élabore sa démonstration en s'appuyant sur des réflexions de philosophes, des faits historiques, des études sociologiques.

Jamais donneuse de leçon, très souvent drôle et toujours passionnante, elle fait une fois de plus mouche, affutant notre regard sur une facette du monde qui était un peu plus opaque et mal dégrossie avant d'ouvrir cette BD, une fois de plus particulièrement bien balancée.

Dans le palais des miroirs, une bande dessinée de Liv Strömquist, éditons Rackham, collection Le signe noir, octobre 2021. 22 euros.

On avait adoré - au point de le relire à peine terminé - Les sentiments du prince Charles, (2016) mais aussi L'origine du monde (2016) en passant par Grandeur et décadence (2017), dans lequel elle sortait de son champ de prédilection, le carcan de la condition féminine, pour s'attaquer aux ressorts du capitalisme. À travers le premier, elle se penchait sur les relations amoureuses et les rapports dans le couple à travers l'histoire, la socio ou des exemples de personnalités célèbres et peu reluisantes (poursuivant cette réflexion deux ans plus tard dans I'm every woman en 2018 et La rose la plus rouge s'épanouit en 2019) -, tandis que dans le deuxième, elle décortiquait le sexe féminin et la répression subie durant des siècles. Avec Dans le palais des miroirs, sorti en librairie fin 2021, elle signe un nouvel essai, cette fois-ci sur la question de notre rapport à notre propre image - omniprésente dans la société contemporaine, réseaux sociaux et smartphone obligent - , mais aussi à la beauté physique et même à la célébrité. Comme à son habitude, le propos est rigoureux et scientifiquement documenté: partant de cas ancrés dans la culture populaire, Kim Kardashian, Kylie Jenner ou encore Sissi (oui Sissi, l'impératrice), elle explore le rapport complexe que nous entretenons depuis des siècles avec l'apparence physique, la nôtre et celle des autres, mais aussi avec son flétrissement. Une relation faite de fascination et de répulsion, mais surtout construite socialement. Comme dans ses précédentes bandes dessinées, Liv Strömquist élabore sa démonstration en s'appuyant sur des réflexions de philosophes, des faits historiques, des études sociologiques. Jamais donneuse de leçon, très souvent drôle et toujours passionnante, elle fait une fois de plus mouche, affutant notre regard sur une facette du monde qui était un peu plus opaque et mal dégrossie avant d'ouvrir cette BD, une fois de plus particulièrement bien balancée.