Tout sur Cédric Charlier

L'intitulé de leur fonction est souvent ténébreux et leur patronyme rarement aussi évocateur que celui de ceux pour qui ils travaillent. Pourtant, ils revêtent une importance capitale pour les marques et les maisons les plus prestigieuses.

Du marron, du blanc, du marine, des motifs quadrillés, de la laine, du cuir verni, du denim... Et le meilleur de la mode de chez nous. Tout simplement.

Les créateurs 100 % belges ou assimilés font le pari de la singularité. Leurs collections mettent en lumière leur savoir-faire, leur talent, leurs revendications et leurs obsessions. Dans ce monde formaté, leur entêtement a du bon.

C'est bien connu, on ne parle pas des trains qui arrivent à l'heure. Et, alors que la réputation d'une région peut être détruite en moins de temps qu'il ne faut pour le dire suite à un attentat ou une catastrophe naturelle, elle mettra des années à se reconstruire.

A l'écart des codes établis, retrouver ce qui se fait de mieux en matière de mode belge. Un parti pris résolument nineties, où tartan, cuir et denim tirent leur épingle du jeu.

Le Belge Cédric Charlier s'ancre à Bruxelles. Pour mieux rebondir à Paris et en Italie. A l'instar de ses collections, il s'offre le temps de la créativité pour rénover sa maison. En attendant, la voici presque en l'état, inspirante et habitée par quelques fantômes.

Ne cherchez pas de fil rouge - ni noir ni jaune - dans les collections des créateurs belges. A leur manière, ils écrivent chacun leur singulière histoire. Un seul dénominateur commun, le talent doublé de rigueur.

Un décor à la Hockney, de profonds aplats de couleurs, une jolie palette de griffes belges et de looks imaginés par des créateurs ayant étudié dans une école de mode du pays. Le tableau de la nouvelle saison s'annonce aussi vibrant que passionnant.

Depuis plus de trente ans, les créateurs Belges ou assimilés font entendre une autre voix sur la scène de la mode et dans les défilés. Cette rentrée ne contredit en rien cette différence assumée. Arrêt sur images.

Les Belges sont montés à Paris. Avec, dans leur vestiaire, le talent et la singularité. Car quand nos créateurs dessinent la mode, ils forcent le respect. Et l'admiration.

La Fashion Week de Paris a débuté. Après New York, Londres et Milan, la Ville Lumière plonge les addicts dans un grand bain modeux prévu pour l'automne-hiver prochain. Il y en a/aura pour tous les goûts.

Pour sa deuxième collection présentée sous son nom, Cédric Charlier est en accord avec la règle de conduite qu'il s'est donnée : se rapprocher du corps, imaginer une nouvelle silhouette. Zips cuivrés sur des jupes droites et nettes, imprimé maison, robes longues aux plis savants. Justesse et contemporanéité.

Quand les Belges défilent, le front row a de la gueule. Suzy Menkes chez Jean-Paul Lespagnard, Walter Van Beirendonck chez Veronique Branquinho, Carine Roitfeld chez Cédric Charlier et Didider Grumbach chez Anthony Vaccarello. Soit dans l'ordre, une journaliste très british qui fait la pluie et le beau temps en mode, un créateur belge qui forme la génération suivante, une ex-rédactrice en chef de Vogue qui joue les marques à elle toute seule et un président de la Fédération de la Couture , du Prêt-à-porter, des Couturiers et des Créateurs de Mode. Décemment, on aurait pu pousser un cocorico, sauf que ce n'est pas notre genre.