Tout sur Kaboul

Dans les jardins de l'Empereur Babur à Kaboul, une exposition d'agrandissements de miniatures mogholes du XVIe siècle rappelle à la capitale afghane, défigurée par 40 ans de conflit, la tolérance et l'ouverture d'un Empire dont elle fut le berceau.

Rebondi et jovial, l'homme trône au sommet d'une pyramide de raisins secs, à l'ombre du séchoir ancestral auquel il tient beaucoup. Mais pour valoriser ce trésor de l'Afghanistan, les producteurs sont poussés vers des méthodes plus rationnelles.

Foulard rose discret, sagement calée au fond de son siège sur les gradins du stade de Kaboul, Shiba Rahimi lâche soudain un sifflet strident entre ses deux doigts pour encourager les footballeurs sur la pelouse. Comme des dizaines de filles et de femmes assises autour d'elle.

Arraché de justesse aux ruines et à l'amnésie, le savoir-faire des artisans afghans se perpétue aujourd'hui au coeur du vieux Kaboul, dans un caravansérail sauvé du désastre: ce rare succès d'une reconstruction avortée doit être bientôt réédité au profit d'artisans syriens.

Regards langoureux chargés de khôl, griffes enluminées... les photos en vitrine promettent déjà beaucoup, mais elles sont souvent en-deçà de la réalité: dans les salons de beauté de Kaboul, rares lieux de détente réservés aux femmes, toutes les audaces sont permises.

Le gouvernement afghan a annoncé la création d'un ministère du Tourisme sans préciser ses ambitions pour ce pays regorgeant de beautés naturelles et archéologiques, mais en proie à une violence et une insécurité grandissantes.